Cérémonie de l’accord

1 Vues 0 Votes 0 Commentaire

Tu es venue

au plus fort de la tourmente

Tu t’es avancée vers la grille

nos sourires

nos paroles de bienvenue

s’entremêlèrent

deux torches tournoyant dans la nuit

dessinant des croix

des spirales

de beaux huit évanescents

puis des soleils se levèrent en nous

venus

darchipels disparus ou inconnus

et que nous avons hélés

reconnus

dans cette longue traversée

où se rassemblait

notre face humaine

Tu me parlais

et un nouveau battement

se mit à cogner dans ma poitrine

cherchant à s’harmoniser avec le mien

qui saisit son rythme

battit sur le même ton

se confondit avec lui

l’intensifia

Tu me parlais mais

c’était un murmure

qui resurgissait de ces matins

de plénitude où tes yeux interpellaient

le printemps qui accourait en refrains

et fragrances s’enrouler autour

de ta taille Tu me parlais

et ta main étendue sur la grille

renaissait dans ma main d’abord

une tiédeur une simple pression

puis la paume, des doigts véritables

qui s’ajustaient aux miens

Tu me parlais et je devais te répondre

mais qui parlait à qui ? Notre dialogue

avait la voix indivisible de la tendresse

Nous parlions nous nous arrêtions pour

que nos yeux ratifient nos paroles

les fassent reluire de

caresses Les grilles disparaissaient

le toit volait comme par enchantement

nous étions loin, loin de l’arène encerclée

et derrière nous filaient

les traînées de ces soleils

de ces fruits de liberté

cueillis à l’arbre de notre accord

Notez ce poème
Print Friendly, PDF & Email

Qu'en pensez-vous?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

b

Par Abdellatif Laâbi

Abdellatif Laâbi, né à Fès en 1942, est un poète, écrivain et traducteur marocain. Il a fondé en 1966 la revue Souffles qui jouera un rôle considérable dans le renouvellement culturel au Maghreb. Son combat lui vaut d’être emprisonné de 1972 à 1980.

A la sainte, martyre et vierge

Riviera