Il suffit de m’aimer

J’ai dans ma poche — à cause de mes vers ? —

un soleil de rechange.
J’ai sur le cœur — tantôt bleu, tantôt vert —

comme un profil d’archange.

J’ai au fond de mes yeux l’autre raison,

qui est déraisonnable et tire de la nuit cent horizons ;

mille joyaux, du sable.

J’ai dans mon livre — amour de l’orthographe —

au lieu de mots décents, un okapi, un peuple de girafes,

animaux caressants.

J’ai sous la main, nourri de fantaisie,

un arbre voyageur : quand il repart, les îles sont saisies

d’une douce langueur.

J’ai devant moi l’univers transformé,

on dirait, en mirage : il suffit de me lire et de m’aimer

sans fin, à chaque page.

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Trois ans après

A la chanson