La lune de miel

En négligé galant, trônant dans son boudoir,
La nouvelle épousée (elle est au moins marquise),
Avec ses traits mutins et d’une grâce exquise,
Regarde le mari qui vaque à son devoir.

Aux pieds de son Omphale Hercule a dû s’asseoir.
Omphale exerce en plein l’autorité conquise,
Et l’Alcide à jabot qu’elle mène à sa guise,
Préparant fil, aiguille, atteste son pouvoir.

La rose est fraîche encore. Les désirs que fait naître
Ce corsage entr’ouvert où le regard pénètre
Rendent jusqu’à présent vos ordres absolus.

Mais le temps fuit, madame ; on n’est pas toujours belle.
Dans peu, sachez-le bien, votre esclave rebelle,
Même quand vous prieriez, ne travaillera plus.

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