L’envers du message

Vers l’est, à un jet de pierre du Cap Comorin, sur un îlot rocheux qui semble l’ultime vertèbre de la dorsale indienne, Vivekananda est venu méditer. Il se voulait à l’écart des multitudes, environné de grand large, irrémédiablement seul. Seul dans le silence assourdissant des vagues, seul en quête de son secret, seul et sans refuge.

Ce qu’il avait fui se venge impunément. Ici comme partout, le détournement de mystique tend à l’exacte inversion des signes. Au dénuement d’un récif désert a succédé la pompe bétonnée de constructions hideuses ; à la solitude, le déferlement humain; au silence, le vacarme; à la concentration, la frénésie des pèlerinages touristiques.

Heureux le sage dont l’éveil ne puisse être situé, dont la parole et le chant s’évadent sur les ailes du vent!

Heureux le sage de nulle part, sans visage et sans nom.

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