La dernière rose

Voici la dernière rose
De l’été qui fuit ;
Ce matin elle est éclose
Des pleurs de la nuit ;
Mais, ni compagne fidèle,
Ni bouton naissant,
Pour épanouir près d’elle
Un sein rougissant !

Faut-il seule sur ta tige
Te laisser flétrir ?
Des beaux jours triste vestige,
Il vaut mieux mourir.
Par pitié ma main effeuille
Ton bouton penché
Sur ce lit que feuille à feuille
Tes sœurs ont jonché.

Ah ! Puisse-je ainsi vous suivre,
Vous que je chéris,
Si la mort au temps vous livre
Débris par débris !
Lorsque des cœurs, sur la terre,
Elle rompt l’accord,
Dans ce monde solitaire
Comment vivre encore ?

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