Ceux qui n’aiment plus

Chanson.

Qui l’a donc sitôt fauchée,
La fleur des moissons ?
Qui l’a donc effarouchée,
La Muse aux chansons ?

Je n’aime plus ! qu’on m’enterre,
Le ciel s’est fermé.
Je retomhe sur la terre,
Le cœur abîmé.

Te souviens-tu, ma maîtresse,
Mon cœur s’en souvient !
Des aubes de notre ivresse ?
Déjà la nuit vient.

Faut-il que je te rappelle
Les doux Alhambras
Que nous bâtissions, ma belle,
En ouvrant nos bras ?

Ta bouche fraîche, ô ma mie !
Ne m’enivre plus,
Déjà la vague endormie
Est à son reflux.

Quoi ! plus d’Eve qui m’enchante !
Plus de paradis !
Faut-il donc que mon cœur chante
Son De profundis ?

Elle est ouverte, ma tombe,
Et va se fermer.
Oui, j’en mourrai, ma colombe,
Du doux mal d’aimer.

Ou plutôt, pour cénotaphe,
Je prendrai Martha,
Qui mettra pour épitaphe :
— Il ressuscita ! —

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