Les Plus Lus

  • La cigale

    Je ne crois pas que mon poème ait le moindre pouvoir, ni sur vous ni sur moi. Je le rédige, un peu pour me surprendre car dans le choix des mots, il en est un […] Plus

  • à l’enfant

    J’écris à l’enfant russe que j’étais autrefois. Pas plus haut que trois puces, il me répond, narquois : « Je dors dans ta poitrine ; pourquoi me déranger ? » Aussitôt je devine qu’il m’est […] Plus

  • La douleur d’être

    Le peuplier s’agite sous la tempête : va-t-il s’envoler ? Le mur ne veut pas être mur, c’est pourquoi il s’effondre au bord du fleuve. Parfois le crépuscule a des remords : le jour mérite-t-il […] Plus

  • Injustices

    J’ai dit : « C’est malheureux ! » Et j’ai permis aux arbres de s’arracher au sol pour galoper dans la prairie, au sud, au nord, à la rencontre de la mer. J’ai dit : […] Plus

  • Sous la peau

    J’ai congédié le lilas blanc, l’oasis, la colline, la rivière qui coule et qui ne coule plus, et j’ai fait mes adieux à l’aurore, aux poissons, aux objets que l’on peut quelquefois caresser, pour m’enfermer […] Plus

  • Le mot par le mot

    C’est le poème en moi qui écrit mon poème, le mot par le mot engendré. Il est mon occupant ; je ne sais pas s’il m’aime. Mon locataire veut gérer mon espace vital et, de […] Plus

  • Le pull-over

    Nous échangeons des confidences, mon pull-over ? Tu es né en Ecosse, et moi je suis né n’importe où. Une ouvrière, un jour, t’a tricoté. Et moi, personne ne m’a fait de ses mains, de […] Plus

  • Célébrités

    J’ai pris le train de Rome. J’ai dit à Michel-Ange : « Mon vieux, je ne reviendrai plus ; contente-toi des hordes japonaises. » J’ai pris le train de Bruges et j’ai craché, l’un après […] Plus

  • D’un passé

    Je méritais, j’en suis sûr, la potence. Je séjournais souvent dans les prisons. Le cœur des femmes, cela pense sans qu’intervienne la raison. J’étais un gigolo plein de tendresse, main de batiste et regard souteneur. […] Plus

  • Les week-ends

    Les samedis sont ivres morts et les dimanches se suicident. Mon catalpa se couche dans la boue. Je ne m’adresse ni à l’azur ni à mon fleuve. Quelle couleur ont mes ténèbres ? Mon épaule […] Plus