Les Vieillards

Les vieillards c’est pas beau, ça fout rien, ça fait d’l’ombre,

Qu’on les fout’ n’importe où c’est moche et ça encombre,

Les faire bosser macach’, c’est immoral comme tout,

Ça vous f’rait mal juger, montrer du doigt partout.
Alors on garde ça, juste un p’tit peu d’patience,

On les coll’ dans un coin où ça s’remarque pas,

C’est sage et ça dit rien, on sait pas c’que ça pense,

L’ plus triste c’est qu’ça bouffe et qu’ ça n’rapporte pas.
Quand j’rassembl’ les souv’nirs que j’ai de ma grand-mère,

Pauv’ femm’ qui finissait ses jours en déconnant,

Je m’rappell’ c’que ma mèr’ lui braillait si souvent :

« Tu n ’sais plus fair’ qu’un’ chos’, ramasser la poussière ! »
La viocqu’ répondait rien, ell’ rigolait tout’ seule

En mordillant ses ch’veux qu’ell’ ram’nait par devant,

Et mon pèr’ bougonnait, songeur en la r’gardant :

« Non content’ de m’fair’ suer, faut qu’ell’ s’fout’ de ma gueule. »
Et plus qu’ils sont toquards, plus qu’ils ont la vie dure,

En buter quelques-uns, pas question, y a des lois.

J’ai essayé un jour d’en s’mer un dans un bois,

Peau d’balle, essayez donc, ils vous r’vienn’nt en voiture !

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