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Jean de La Bruyère

  • Nationalité :

Jean de La Bruyère, né à Paris le 16 août 1645 et mort à Versailles le 11 mai 1696, est un moraliste français.

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

La Bruyère est célèbre pour une œuvre unique, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle (1688). Cet ouvrage, constitué d’un ensemble de brèves pièces littéraires, compose une chronique essentielle de l’esprit du XVIIe siècle.

Moraliste français né à Paris en 1645, mort à Versailles en 1696. Après des études de droit, il achète, en 1673, un office de trésorier des finances dans la généralité de Caen. En 1684, introduit par Bossuet, il entre dans la maison des Condé comme précepteur du jeune duc de Bourbon. Libéré de cette tâche ingrate, il reste comme gentilhomme du duc et peut consacrer son temps à l’observation et à l’écriture. C’est en 1688 qu’il fait paraître Les Caractères qui lui valent autant d’approbateurs que d’ennemis. Ses remarquables portraits sont le fruit d’une observation rigoureuse, et la verve satirique qu’il y déploie s’impose dans un style souple, précis et par l’extraordinaire richesse du vocabulaire. Des personnages de son temps s’y sont, avec plus ou moins de plaisir, reconnus.

La Bruyère fut l’un des premiers écrivains à mettre en avant le « style » littéraire, en développant un phrasé rythmé dans lequel les effets de rupture sont prépondérants. Ce style incite à la lecture à haute voix, donnant ainsi à cette activité le statut de jugement moral de par l’effet rhétorique obtenu par la lecture orale sur les auditeurs. La Bruyère consacre au demeurant toute une section des Caractères aux effets pervers de l’éloquence. Nombre d’écrivains ont suivi le chemin stylistique tracé par La Bruyère : depuis Marivaux jusqu’à Balzac et Proust, en passant par André Gide.

Jean de La Bruyère était né dans un village proche Dourdan, en 1639, disent les uns; en 1644, disent les autres et D’Olivet le premier, qui le fait mourir à cinquante-deux ans (1696). En adoptant cette date de 1644, La Bruyère aurait eu vingt ans quand parut Andromaque; ainsi tous les fruits successifs de ces riches années mûrirent pour lui et furent le mets de sa jeunesse; il essuyait, sans se hâter, la chaleur féconde de ces soleils. Nul tourment, nulle envie. Que d’années d’étude ou de loisir durant lesquelles il dut se borner à lire avec douceur et réflexion, allant au fond des choses et attendant! Il résulte d’une note écrite vers 1720 par le Père Bougerel ou par le Père Le Long, dans des mémoires particuliers qui se trouvaient à la bibliothèque de l’Oratoire, que La Bruyère a été de cette congrégation. Cela veut-il dire qu’il y fut simplement élevé ou qu’il y fut engagé quelque temps? Sa première relation avec Bossuet se rattache peut-être à cette circonstance. Quoi qu’il en soit, il venait d’acheter une charge de trésorier de France à Caen lorsque Bossuet, qu’il connaissait on ne sait d’où, l’appela près de M. le Duc pour lui enseigner l’histoire. La Bruyère passa le reste de ses jours à l’hôtel de Condé à Versailles, attaché au prince en qualité d’homme de lettres avec mille écus de Pension.

On a longtemps cru qu’il était né dans un village voisin de Dourdan, jusqu’à ce que l’on eût retrouvé son acte de baptême, qui établit qu’il a été baptisé le 17 août 1645 à l’église Saint-Christophe, dans l’île de la Cité. Il était le fils aîné de Louis de La Bruyère, contrôleur général des rentes de l’Hôtel de Ville, bourgeois de Paris, et d’Elisabeth Hamonyer. Son trisaïeul paternel, Jean de La Bruyère, apothicaire dans la rue Saint-Denis, et son bisaïeul, Mathias de La Bruyère, lieutenant civil de la prévôté et vicomté de Paris, avaient joué, au XVIe siècle, un rôle actif dans la Ligue. Il fut vraisemblablement élevé à l’Oratoire de Paris, et, à vingt ans, obtint le « titre » de licencié de droits à l’université d’Orléans. Il revint vivre à Paris avec sa famille, dont la situation de fortune était assez aisée, et fut inscrit au barreau, mais plaida peu ou point. En 1673, il acheta une charge de trésorier général de France au bureau des finances de la généralité de Caen, charge qui valait une vingtaine de milliers de livres, rapportait environ 12 350 livres par an, et conférait en outre l’anoblissement ; il fit le voyage de Normandie pour son installation, puis, les formalités remplies, il retourna à Paris et ne parut plus à Caen. Il vendit sa charge en 1686. Depuis le 15 août 1684, il était l’un des précepteurs du jeune duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé. Cet emploi fut confié à La Bruyère, d’après l’abbé d’Olivet, sur la recommandation de Jacques-Bénigne Bossuet, « qui fournissait ordinairement aux princes, a dit Fontenelle, les gens de mérite dans les lettres dont ils avaient besoin ». On ignore d’ailleurs comment La Bruyère connaissait Bossuet.

Sa fréquentation quotidienne des ‘Grands’ donne matière à la rédaction des ‘Caractères’, dans la veine moraliste. La première édition, qui date de 1688, cache, derrière une traduction de Théophraste, quelques remarques personnelles qui sont appréciées du public. Dès lors, en huit ans, neuf éditions se succèdent, dont une posthume. Il entre à l’Académie française en 1693. L’année suivante, il avait déjà livré quelques 1.120 portraits et maximes. Les ‘traits’ de caractère de La Bruyère sont le fruit d’un esprit sagace, critique et indépendant. Ses observations, impitoyables envers la nature humaine, conservent une valeur intemporelle, même après sa disparition en 1696.

En son temps, La Bruyère pensait donner de l’importance à son œuvre en la présentant comme inspirée par Théophraste, mais à nos yeux elle surpasse celle de son modèle.

L’art de La Bruyère est classique par excellence!; il exposa, après Montaigne, Pascal et La Fontaine, la doctrine de l’«imitation créatrice», où «tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes, et qui pensent». Il esquissa aussi, dès le premier chapitre, l’essentiel de la doctrine classique : nécessité de travail, croyance en un goût absolu pour retranscrire les idées et les mots avec naturel et justesse, imitation des Anciens (les auteurs de l’Antiquité), liens étroits entre l’esthétique et la morale. Il résuma en ces quelques mots ses idées sur l’écriture classique : «C’est un métier que de faire un livre».

La première édition des Caractères parut en mars 1688, sous ce titre : les Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les Caractères ou les mœurs de ce siècle. À Paris, chez Étienne Michat, premier imprimeur du Roy, rue Saint-Jacques, à l’Image Saint Paul. M. DC. LXXXVIII. Avec privilège de Sa Majesté, in °12. — Le nom de l’auteur ne figura sur aucune édition publiée de son vivant.

Les dernières années de la vie de La Bruyère furent consacrées à la préparation d’un nouvel ouvrage, dont il avait pris l’idée dans ses fréquents entretiens avec Bossuet : à savoir les Dialogues sur le Quiétisme, qu’il laissa inachevés. Ils ont été publiés après sa mort, en 1699, par l’abbé du Pin, docteur en Sorbonne, qui compléta les sept dialogues trouvés dans les papiers de La Bruyère, par deux dialogues de sa façon. Il est probable qu’il ne se gêna point non plus pour remanier les sept premiers; mais, avec cette réserve, l’authenticité des Dialogues, qui n’était point admise par Walckenaër, parait certaine au plus récent éditeur de La Bruyère, M. G. Servois. Ajoutons que l’on a vingt lettres de La Bruyère, dont dix-sept sont adressées au prince de Condé, et nous aurons achevé l’énumération de ses œuvres complètes.

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