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L’hospitalité

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Il pleut, il pleut, bergère.
Presse tes blancs moutons ;
Allons sous ma chaumière,
Bergère, vite, allons :
J’entends sur le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit ;
Voici, voici l’orage ;
Voilà l’éclair qui luit.

Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant ;
Prends un abri, bergère, À ma droite en marchant ;
Je vois notre cabane…
Et, tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur
Anne
Qui vont
Pétable ouvrir.

Bonsoir, bonsoir ma mère ;
Ma sœur
Anne, bonsoir ;
J’amène ma bergère.

Près de vous pour ce soir.
Va te sécher, ma mie.
Auprès de nos tisons ;
Sceur, fais-lui compagnie,
Entrez, petits moutons.

Soignons bien, ô ma mère!
Son tant joli troupeau ;
Dorme?, plus de litière À son petit agneau.
C’est fait : allons près d’elle.
Eh bien donc, te voilà ?
En corset, qu’elle est belle!
Ma mère, voyez-la !

Soupons : prends cette chaise ;
Tu seras près de moi ;
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi.
Goûte de ce laitage;
Mais, tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage ;
Il a lassé tes pas.

Eh bien ! voilà ta couche,
Dors-y jusques au jour ;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour.
Ne rougis pas, bergère ;
Ma mère et moi, demain.
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.

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Par Fabre D'eglantine

Philippe-François-Nazaire Fabre, dit Fabre d’Églantine né et baptisé le 28 juillet 1750 à Carcassonne et guillotiné le 5 avril 1794 à Paris, est un acteur, dramaturge, poète et homme politique français.

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