J’aime dans le temps…

J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse,

l’écolière des anciens pensionnats,

qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls

lire les magazines d’autrefois.
Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon cœur

la lumière bleue de sa gorge blanche.

Où est-elle ? Où était donc ce bonheur ?

Dans sa chambre claire il entrait des branches.
Elle n’est peut-être pas encore morte

– ou peut-être que nous l’étions tous deux.

La grande cour avait des feuilles mortes

dans le vent froid des fins d’Été très vieux.
Te souviens-tu de ces plumes de paon,

dans un grand vase, auprès de coquillages ?…

on apprenait qu’on avait fait naufrage,

on appelait Terre-Neuve : le Banc.
Viens, viens, ma chère Clara d’Ellébeuse :

aimons-nous encore si tu existes.

Le vieux jardin a de vieilles tulipes.

Viens toute nue, ô Clara d’Ellébeuse.

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments