Le promenoir des deux amants

Auprès de cette grotte sombre

Où l’on respire un air si doux

L’onde lutte avec les cailloux

Et la lumière avecque l’ombre.
Ces flots lassés de l’exercice

Qu’ils ont fait dessus ce gravier

Se reposent dans ce vivier

Où mourut autrefois Narcisse.
C’est un des miroirs où le faune

Vient voir si son teint cramoisi

Depuis’que l’Amour l’a saisi

Ne serait point devenu jaune.
L’ombre de cette fleur vermeille

Et celle de ces joncs pendants

Paraissent être là-dedans

Les songes de l’eau qui sommeille.
Les plus aimables influences

Qui rajeunissent l’univers,

Ont relevé ces tapis verts

De fleurs de toutes les nuances.
Dans ce bois ni dans ces montagnes

Jamais chasseur ne vint encor ;

Si quelqu’un y sonne du cor,

C’est Diane avec ses compagnes.
Ce vieux chêne a des marques saintes ;

Sans doute qui le couperait

Le sang chaud en découlerait

Et l’arbre pousserait des plaintes.
Ce rossignol mélancolique

Du souvenir de son malheur

Tâche de charmer sa douleur

Mettant son histoire en musique.
Il reprend sa note première

Pour chanter d’un art sans pareil

Sous ce rameau que le soleil

A doré d’un trait de lumière.
Sur ce frêne deux tourterelles

S’entretiennent de leurs tourments,

Et font les doux appointements

De leurs amoureuses querelles…

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