Créances

Reçu les yeux, les bras, ce nid

De cœur, de poupons, ce choral

Où s’efforce un cri minéral

Qui témoigne de l’infini.

Reçu l’eau, le fer. les argiles.

Le sommeil et son arc-en-cicl,

Le rocher pour tailler la ville

Et le visage intemporel.

Oui. reçu, je signe reçu.

Je mets la date avec la griffe.

Reçu tout mon envol bossu

Vers l’azur, l’azur qui le biffe.

Reçu l’herbe et reçu les bêtes

Qui, demain, vont enfin parler.

Mes vaches, mes chiens, mes béliers,

Ah. dites, chéris, qui vous êtes.

Mes museaux, mes yeux étoiles !

Reçu.

Je signe de mon sang.

Reçu l’amour et la tempête,

Amour, cris d’amour, il est temps.

Ah, dites, chéris, qui vous êtes.

Reçu.

S’il faut encor du poids.

Allez, je paierai de ma tête,

Brave fer. mords de bonne foi.

Quant aux os, c’est peu de blanquette.

Payé !

Dois-je encore ?

J’affronte

Mes derniers lopins ; c’est assez ?

Plus l’orgueil, plus même la honte

Et jusqu’au fer qui m’a percé.

Reçu, payé.

Faites le compte,

Palpez l’endroit comme l’envers ;

Merci.

Pesez, fauves balances.
Je dois combien à l’univers ?

Je dois tout, le gaz et les taxes,

L’espoir avec les intérêts

De retard et les assurances

Et je n’ai plus rien pour mon prêt

Que ce cœur broyé sur son axe !

Plus les larmes ?

Vois-tu de près ?

Depuis longtemps, tu les as toutes.

Mais que veut encor ton absoute ?

Mon sourire ?

Alors creuse bien.

Creuse avec ton meilleur grappin :

Il est si profond que je doute

Si c’est à moi qu’il appartient.

Norge

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