Mon âme, tout ce long et triste après-midi

Mon âme, tout ce long et triste aprèsmidi,
A souffert de la mort d’un bouquet, imminente !
Il était, loin de moi, dans la chambre attenante
Où ma peur l’éloigna, déjà presque engourdi,

Bouquet dépérissant de fleurs qu’on croyait sauves
Encor pour tout un jour dans la pitié de l’eau,
Gloxinias de neige avec des galons mauves,
Bouquet qui dans la chambre éteignait son halo

Et se désargentait en ce soir de dimanche !
Mon âme, tu souffris et tu t’ingénias
A voir ta vie, aussi fanée et qui se penche,
Agoniser avec ces doux gloxinias.

Or me cherchant moimême en cette analogie
J’ai passé cette fin de journée à m’aigrir
Par le spectacle vain et la psychologie
Douloureuse des fleurs pâles qui vont mourir.

Triste vase : hôpital, froide alcôve de verre
Qu’un peu de vent, par la fenêtre ouverte, aère
Mais qui les fait mourir plus vite, en spasmes doux,
Les pauvres fleurs, dans l’eau vaine, qui sont phtisiques,

Répandant, comme en de brusques accès de toux,
Leurs corolles sur les tapis mélancoliques.
Douceur ! Mourir ainsi sans heurts, comme on s’endort,

Car les fleurs ne sont pas tristes devant la mort,
Et disparaître avec ce calme crépuscule
Qui d’un jaune rayon à peine s’acidule.

Le règne du silence

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