Derrière ce ciel éteint

Derrière ce ciel éteint et cette mer grise

où l’étrave du navire creuse un modeste sillon,

par delà cet horizon fermé,

il y a le
Brésil avec toutes ses palmes,

d’énormes bananiers mêlant leurs feuilles comme

des éléphants leurs mouvantes trompes, des fusées de bambous qui se disputent le ciel, de la douceur en profondeur, un fourré de douceur, et de purs ovales féminins qui ont la mémoire de

la volupté.
Voici que peu à peu l’horizon s’est décousu, et la terre s’est allongé une place fine.
Apparaissent des cimes encore mal sorties du néant,

mais qui ont tout de suite malgré les réticences

des lointains, le prestige et la responsabilité des -montagnes.
Déjà luisent des maisons le long de la bruissante

déchirure des plages, dans le glissement du paysage, sur un plan huilé, déjà voici une femme assise au milieu d’un suave

champ de cannes, et parvient jusqu’à moi

la gratitude de l’humus rouge après les tropicales pluies.

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