Ja le matin, qui l’univers redore

Ja le matin, qui l’univers redore,
De franges d’or et de perles s’ornoit,
Et doucement tout en roses tournoit
Le char serein de l’Indienne aurore.

Las ! le souci qui sans fin me devore
Aucun espoir de paix ne me donnoit :
Plutôt le jour alors me ramenoit
Mille tormens, et mille mors encore,

Quand derrier’ moi, au bout d’un gai preau,
Ma nymphe émeut un orient nouveau,
Qui eclaira mes nocturnes angoisses.

Pardonnesmoi, ô vous, celestes Dieux :
Luire la vi, de corps, de front et d’yeux,
Plus belle encor que ne sont voz Deesses.

L’Amalthée

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