Instant

Comme tout le sel de la mer peut se goûter du bout d’un doigt Ainsi toute l’éternité est le suspens d’un seul moment L’unique battement de cils de la paupière originelle Est à l’instant de tressaillir sur un œil qui ne le sait pas

Ce battement s’est répété des trillions de trillions de fois Pourtant au bout du plus long cil l’étoile inexistante encore Attend de poindre à la prunelle où elle est fixe pour jamais Au crépuscule transparent d’un bleu d’avant le firmament

Ce petit jour est l’avant-goût annonçant le Commencement D’où mille mondes sont issus et mille ères consécutives Sans que se soit encore ouvert l’œil germinal de l’Univers Que tout vivant au fond de soi couve jusqu’à la fin des mondes

Déployé une fois pour toutes et réduit à ce point d’or blanc Dont l’image en miroir là-haut est l’immuable étoile absente Ce même oiseau qui fait la roue sur l’arc entier de l’horizon Est l’œuf dont vient de commencer l’interminable couvaison

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