Naissance du visage

Sérénité lisse impassible parfaitement vierge de Soi

Parfaitement pleine de Soi sans partage d’aucune image

Pur non-regard vers le dedans dont le dehors n’existe pas

Vaste et sans qu’y scintille un point qui pour un œil pourrait se prendre

Et sans haleine par suspens contemplatif se contemplant Jusqu’à ce que s’étant conçue enfin l’Absence se détende En conscience sans rivage et sans nul vain clapotement Orbite de l’horizon clos que ne décolle de paupière Sur ce fond plat infiniment d’abyssale sérénité

Or voici s’ourler et s’ouvrir quoi ? l’énigme d’un trait à peine Bleu qui révèle à soi le bleu sous l’ongle qu’aussitôt le doigt Efface et cependant le rais de l’ongle y laisse sa mémoire Y sépare comme deux lèvres jointes par une humidité Qui luit béante et l’on dirait qu’une source s’y donne à boire On dirait? Le tracé de l’ongle qui s’efface c’est la pensée La première et par qui déjà la conscience n’est plus seule Cette pensée s’entend tout haut c’est une bouche qui la dit Que l’Etre éprouve au fond de Soi comme une plaie une corolle

Que le sourire qu’il émet soit l’Orient du premier Jour Et trace un ciel sans repentir depuis sa double commissure Joignant la fin et l’origine dont il est toute la raison Car tout autre accomplissement s’efface avant que ce sourire

Ne s’éteigne lui-même enfin pour mieux remercier le Rien En chaque point de tous les temps de toutes parts il se souvient Des profondeurs du Soi sans fond il rayonne innervant la Face Dont les paupières comme lui s’ébauchent s’ouvrent font que naît Un monde en miroirs en écho où tout sourit à son reflet

Voter pour ce poème!

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Un jour de mai

09 – Ce bigot qui ses vœux sur son mérite fonde… [LXXXI à XC]