Troupeau de File Tout Seul

Chemin faisant dans les clartés sinueuses — de formes molles — d’éclats de voix
Dans l’obscurité complète le temps mauvais les larmes tièdes la pluie perçant la sphère

Roulé au fond sombre du circuit et du cœur — revenant tous les jours sur les pas de demain — la tête prise entre toutes les mains le repas à sa fin la lampe

capricieuse

Tout ce qui luit

Qui s’éteint

Qui pleure

Le courant du gouffre sous la peau lumineuse épaisse et mouvante — la roue de l’arbre — l’oiseau qui chante — le ronflement du moteur caché dans les fondations de

l’immeuble dont je longe le trottoir

Aveugle

Sourd
Et sans savoir

Les jambes plient
Les mains quittent leur peine

C’est tout le long qu’il faut aller

La terre est pleine

La lueur tombe du bec de gaz et fait son trou

Tout tourne autour

C’est une vrille qui passe de la tête aux pieds creuse le sol et le corps dans l’axe des limites permises à tous les invites

Je suis dehors les mots gonflant ma tête

Sur la rue qui dévie la ville qui halète

Parce que le soir est passé l’espace est traversé la lune qui descend pour voir s’est arrêtée

Et face à face je regarde au fond de l’oeil

Ce qui se passe

Pierre Reverdy

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