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à l’impératif

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Objets, valsez, valsez !
Les choses trop humaines…
Une cuiller pour ramasser le paradis.
Une corniche en deuil.
Si les trottoirs se gênent
Quand je les lave…
Encore un soleil inédit.

Le buvard boit le sang des gazelles blessées.
Biographie d’une serrure.
Le vautour
Entre en clinique après-demain.
Mur de lycée
Couvert de graffiti.
La ville sent l’amour

Et le colimaçon.
Devinez-vous l’hypnose
Du poignard qui pénètre dans l’œil ?
Kimono
Sur le village nu.
Ces lampes se composent
De lait mal digéré.
Pourquoi sont-ils penauds,

Ces océans de poche ?
On rejoue la bourrée.
Danse, danse l’objet.
Beau musée des soupirs.
Dont quelques-uns d’avant la préhistoire.
Outrée,
Cette aube trop morale.
On voudrait revenir

Au néant corrompu, que la moindre musique
Civilisait.
Champagne au pied d’un monument.
Récifs raccommodés.
Combien de pneumatiques
Annonceront le météore ?
Ce calmant

Pour le raz de marée.
Si la tuberculose
Atteint la citadelle…
Un chemin plus étroit
Que la folie traquée par la raison.
La prose
Nous a mordus jusqu’à la moelle : il fait si froid

Par sa faute.
Samba, quadrille, objets obscènes.
Pourquoi rougissez-vous dans votre carrousel ?
Bouton de col sous le divan, cruche d’ébène.
Savonnette qui mousse en gémissant : lequel

De vous refuserait le style et la pensée,

Le rêve et le soupir ?
Phonographe, rasoir.

Coussin, je vous le dis, cette raison lassée

De ses vertus — corbeaux sans bec — n’a plus d’espoir

Qu’en vous; remplacez-la.
Deux tranches de planète
Arrosées de rhum blanc.
La montagne en carton.
La cendre du cigare a trouvé l’interprète
De sa fable mystique.
Embrassons-nous.
Mettons

En commun, chers objets, nos pires ignorances :
Grâce à vous, je m’accepte; en moi, vous existez
De vous plaindre sans cesse.
Un monde recommence
Où l’absurde est enfin naturel.
Vérité,

Ton juge est le silex.
Moi, je deviendrai plume
N’importe où dans la nuit.
Chauffez-vous, objets

[froids :
Voici mon sang d’homme rageur.
Et que s’allume
Le doute au fond de vous !
Je reconnais vos droits

Sur l’atome et le cœur, sur le verbe et la fable.

J’assure la relève en devenant rebord

De fenêtre enfoncée.
Je me rends séparable

De moi.
Je suis l’écorce.
Objets, que nos rapports

Soient définis!
Remplaçons-nous les uns les autres.
Je suis marbre, et le marbre est rongé de soucis.
Ne dansez plus, objets !
L’écrou vaut un apôtre.
Tango d’épouvantails.
L’homme est-il réussi ?

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Écrit par Alain Bosquet

Anatole Bisk, dit Alain Bosquet, né à Odessa (Ukraine) le 28 mars 1919 et mort à Paris le 17 mars 1998, est un poète et écrivain français d’origine russe.

Le creuset du poème

Le mont des oliviers