La schlague


à la lisière, sur le bord du
Z

là où il y a des canards minces comme des ardoises

là où l’heure ment aux libellules

le remords du crépuscule se vautre dans la boue

un chien, un chien, un chien

à chaque barrière aboie à la vie

crache la colère du jour sur les talons du voleur de feu

mais la schlague à la main, c’est l’espoir odieusement nié !

je veux m’ouvrir les mains nues à ce village

me laisser couler à pic dans le puits

heureux

soulever ce couvercle de zinc éternel

sortir de la souricière française

et foncer, foncer à toute équinoxe

en rase-mottes massacrer la distance et le temps

au-delà de ces barricades d’allumettes

je veux planter la flèche dans la gorge

et passer sans un mot

avec
Armes et
Langage au pays stupéfait de la paresse

au-delà des poèmes sans conclusion je veux explorer le remous

mais la mort dans la fourrure d’un regard — enfoui comme un roseau dans la vase — je mime, stratège, la maligne paix


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Alain Jouffroy
Fils de Charles Jouffroy et d'Inès Martin des Pallières, Alain Jouffroy naît près du parc Montsouris. Très jeune, son rapport au langage est marqué par le scandale Stavisky et la guerre civile espagnole de 1936 à laquelle il assiste par hasard. Du haut de ses huit ans, il décide de l'écrire sur des carnets pour pouvoir, après son rapatriement, le raconter à son entourage.
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