Trajectoire d’un fautif


Dans l’ouragan fœtal, se lève l’aliéné — nié

Par le chercheur d’or natal de mes reins — l’âne

Qui néantise mes matins, expertise mon noyau de rien

Bloque la targette dans mon arrière-train !

Exilé, victime de mon intérieur soleil,

J’eusse mieux fait de transformer mon temps et mes entours

Que de chercher des poux criards dans leur crinière !

Excédante, l’indépliable nature est là, qui m’assourdit.

Nuisons-nous, ma prédécesseuse !

Ma plume ambivalente étrille tes séismes !

Marin de la mort, j’ai perdu ta horde,

L’empois de tes empreintes ne freine plus mon élan.


Sœurette, ta défécation m’empourpre, m’impérialise !

Tes souffles, tes soupirs, tes piailleries m’assaillent,

Ton appel est déhanché, haché de « oh », haché de « ha » !

Les tristes rixes de l’ambigu,

Les drogues surérogatoires de l’emphase

S’évanouissent devant l’intact
Torquemada de mes fautes.

Tangue, balise !
Balance-toi, mol soleil !

Le tremblement chantonnant des frênes

Tristement traîne sa traîne, à longueur de couchant !

Le tourment m’entoure, l’épouvante m’aimante,
Le vent m’a.


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Alain Jouffroy
Fils de Charles Jouffroy et d'Inès Martin des Pallières, Alain Jouffroy naît près du parc Montsouris. Très jeune, son rapport au langage est marqué par le scandale Stavisky et la guerre civile espagnole de 1936 à laquelle il assiste par hasard. Du haut de ses huit ans, il décide de l'écrire sur des carnets pour pouvoir, après son rapatriement, le raconter à son entourage.
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