Familiale

La mère fait du tricot

Le fils fait la guerre

Elle trouve ça tout naturel la mère

Et le père qu’est-ce qu’il fait le père ?

Il fait des affaires

Sa femme fait du tricot

Son fils la guerre

Lui des affaires

Il trouve ça tout naturel le père

Et le fils et le fils

Qu’est-ce qu’il trouve le fils?

Il ne trouve rien absolument rien le fils

Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre

Quand il aura fini la guerre

Il fera des affaires avec son père

La guerre continue la mère continue elle tricote CONTINUER LA LECTURE

Tentative de description d’un dÎner de têtes à paris-france

Ceux qui pieusement…

Ceux qui copieusement…

Ceux qui tricolorent

Ceux qui inaugurent

Ceux qui croient

Ceux qui croient croire

Ceux qui croa-croa

Ceux qui ont des plumes

Ceux qui grignotent

Ceux qui andromaquent

Ceux qui majusculent

Ceux qui chantent en mesure

Ceux qui brossent à reluire

Ceux qui ont du ventre

Ceux qui baissent les yeux

Ceux qui savent découper le poulet

Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête

Ceux qui bénissent les meutes

Ceux qui font les honneurs du pied

Ceux qui debout les morts CONTINUER LA LECTURE

L’école dbs beaux-arts

Dans une boite de paille tressée

Le père choisit une petite boule de papier

Et il la jette

Dans la cuvette

Devant ses enfants intrigués

Surgit alors

Multicolore

La grande fleur japonaise

Le nénuphar instantané

Et les enfants se taisent

Émerveillés

Jamais plus tard dans leur souvenir

Cette fleur ne pourra se faner

Cette fleur subite

Faite pour eux

A la minute

Devant eux.

événements

Une hirondelle vole dans le ciel

vole vers son nid

son nid où il y a des petits

elle leur apporte une ombrelle

des vers de vase des pissenlits

un tas de choses pour amuser les enfants

dans la maison où il y a le nid

un jeune malade crève doucement dans son lit

dans son lit

sur le trottoir devant la porte

il y a un type qui est noir et qui débloque

derrière la porte un garçon embrasse une fille

un peu plus loin au bout de la rue

un pédéraste regarde un autre pédéraste

et lui fait un adieu de la main

l’un des deux pleure CONTINUER LA LECTURE

Un livre pour enfants

Les grandes personnes que les enfants appellent leurs parents jetteront peut-être sur ce livre un coup d’œil distrait, amusé mais ne le verront ni ne l’entendront ni du même œil ni de la même oreille que les enfants. les grandes personnes, les adultes, gens raisonnables ont l’esprit critique.
Les enfants aussi mais ce n’est pas esprit pareil, ils n’ont pas le même radar.

Alors, il se peut qu’en caressant affectueusement à rebrousse-poil les cheveux de leur enfant, le père ou la mère lui disent en souriant : «
Une bête merveilleuse avec des bottines rouges et qui se pend au lustre et renverse l’armoire.
Voyons, grosse bête, ça n’arrive jamais ces choses-là
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Lumières d’homme

Somnambule en plein midi

même la viande sur la fourchette

même la fourchette à la main

toujours très près des camarades

mais si loin tout de même si loin

et donner la pâtée au chien

mais je voyais la pâtée s’enfuir

le chien courir le long du mur

et j’entendais ses soupirs

et le chien voyait ma lumière

mon astre

et laissait la pâtée courir

j’avais cette lumière là sur moi

comme ça

mais ce n’était pas

ma lumière

elle était là comme ça

j’aurais voulu

j’ai tout essayé CONTINUER LA LECTURE

Dominique

Dans sa vie pré-natale une grand’mère de contes de fées l’appelait la petite Russe. Mais elle est née pour de vrai à Pékin en 1939, un an avant la naissance de Pierrot, son fils.

Toute cette vie, Dominique a vu du pays qui lui en a fait voir lui aussi,

du Proche-Occident au lointain-Orient, de la Détresse au Désarroi.

Néfaste caresse, le malheur du monde la touchait sans cesse-Couverte de bleus et de cicatrices, elle tremblait pour ceux qui s’entre-tuaient et puis rêveuse, heureuse en rêve, elle reprenait sa danse sur le fil d’acier, rencontrait la paille et retombait en cage, meurtrie et réveillée. CONTINUER LA LECTURE

Fête à mennecy

À
Paris autrefois, c’est-à-dire il y a seulement quelque temps les fêtes foraines avaient droit de cité.

La fête ça existait.
La musique de carton des manèges à vapeur vous appelait de très loin, et la rumeur heureuse des tours de chevaux de bois et des tours de cochons mêlée au rugissement des lions de chez
Pezon, c’était beau, tendre et violent et comme toute fête un petit peu triste en même temps.

Les gens allaient à la fête comme ils allaient au bois, au muguet, à
Luna-Park ou à
Robinson. CONTINUER LA LECTURE

Chanson du mois de mai

L’âne le roi et moi

Nous serons morts demain

L’âne de faim

Le roi d’ennui

Et moi d’amour

Un doigt de craie

Sur l’ardoise des jours

Trace nos noms

Et le vent dans les peupliers

Nous nomme

Ane
Roi
Homme

Soleil de
Chiffon noir

Déjà nos noms sont effacés

Eau fraîche des
Herbages

Sable des
Sabliers

Rose du
Rosier rouge

Chemin des Écoliers

L’âne le roi et moi

Nous serons morts demain

L’âne de faim

Le roi d’ennui

Et moi d’amour

Au mois de mai

La vie est une cerise
La mort est un noyau
L’amour un cerisier. CONTINUER LA LECTURE