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Fifi s’est réveillé

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Fifi s’est réveillé. Dès l’aube tu m’as dit
Bonjour en deux baisers, et le pauvre petit
Pépia, puis remit sa tête sous son aile
Et tut pour le moment sa gente ritournelle.
Ici je te rendis pour les tiens un baiser
Multiforme, ubiquiste et qui fut se poser
De la plante des pieds au bout des cheveux sombres
Avec des stations aux lieux d’éclairs et d’ombres,
Un jeu (car tu riais) ridiculement doux,
Et, brusque, entre les tiens je poussai mes genoux,

Tôt redressé sur eux et, penché vers ta bouche,
Fus brutal sans que tu te montrasses farouche,
Car tu remerciais dans un regard mouillé
C’est alors que Fifi, tout à fait réveillé,

Le mignon compagnon ! comparable aux bons drilles
Que le bonheur d’autrui ne fait pas envieux,
Salua mon triomphe en des salves de trilles
Que tout son petit cœur semblait lancer aux cieux.

Il sautillait, fiérot, comme un gars qui se cambre,
Acclamant un vainqueur justement renommé,
Et l’aurore éclatant aux carreaux de la chambre
Attestait sans mentir que nous avions aimé.

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Écrit par Paul Verlaine

Poète français né à Metz le 30 mars 1844, Paul Verlaine est décédé à Paris le 8 janvier 1896.

Læti et Errabundi

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