L’incroyable, l’unique horreur de pardonner

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L’incroyable, l’unique horreur de pardonner,
Quand l’offense et le tort ont eu cette envergure,
Est un royal effort qui peut faire figure
Pour le souci de plaire et le soin d’étonner :

L’orgueil, qu’il faut, se doit prévaloir sans scrupule
Et s’endormir pur, fort des péchés expiés,
Doux, le front dans les cieux reconquis, et les pieds
Sur cette humanité toute honte et crapule

Ou plutôt et surtout, gloire à Dieu qui voulut
Au cœur qu’un rien émeut, tel sous des doigts un luth,
Faire un peu de repos dans l’entier sacrifice.

Paix à ce cœur enfin de bonne volonté
Qui ne veut battre plus que vers la Charité,
Et que votre plaisir, ô Jésus, s’assouvisse.

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Paul Verlaine
Poète français né à Metz le 30 mars 1844, Paul Verlaine est décédé à Paris le 8 janvier 1896.
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