Dernières histoires

  • Rêves

    Je te vois t’accrochant aux rêves. Triste et dur sera ton réveil, car poursuivant de faux soleils, en eux se dessèchera ta sève. En toi tu sais vivre par coeur à force d’imagination. Tristes et dures seront les heures te ramenant à la raison. Tu vas, t’inventant des images, inversant les […]

  • Tristesse

    Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille ! Rentrez, je ne suis plus l’heureuse jeune fille Que vous avez connue en de plus anciens jours. Je ne suis plus coquette, ô mes pauvres atours ! Laissez-moi ma cornette et ma robe de chambre, Laissez-moi les porter jusqu’au mois de décembre ; […]

  • Évasion

    Voici venir le soir. Il est temps de partir Vers un pays de rêve et de mélancolie ; Viens donc, ma bien-aimée, ma seule et douce amie, Loin des réalités, et loin des souvenirs. Nous irons visiter les jardins de la nuit, J’oublierai mon chagrin, mes haines inutiles, Le bruit, les […]

  • L’Europe

    Un soir plein de clartés et de nuages d’or, Du fond des cieux lointains, rayonne au coeur d’un port Léger de mâts et lourd de monstrueux navires ; L’ombre est de pourpre autour des aigles de l’Empire Dont le bronze géant règne sur les maisons. On écoute bondir, dans leurs beffrois, […]

  • Abîme – La Voie Lactée

    Millions, millions, et millions d’étoiles ! Je suis, dans l’ombre affreuse et sous les sacrés voiles, La splendide forêt des constellations. C’est moi qui suis l’amas des yeux et des rayons, L’épaisseur inouïe et morne des lumières, Encor tout débordant des effluves premières, Mon éclatant abîme est votre source à tous. […]

  • L’aurore

    La nue était d’or pâle, et, d’un ciel doux et frais, Sur les jaunes bambous, sur les rosiers épais, Sur la mousse gonflée et les safrans sauvages, D’étroits rayons filtraient à travers les feuillages. Un arome léger d’herbe et de fleurs montait ; Un murmure infini dans l’air subtil flottait : […]

  • Au passif

    Accepte les réalités. Les capitales N’émigrent plus. Tes orangers peuvent dormir Au chaud, dans la cuisine; et tes bibles s’installent Comme des pies sur l’étagère. L’avenir N’est qu’un ballon : tu veux qu’il explose. Ta rue Fait le tour de ton cou. Ton plus jeune horizon Se vautre dans le cidre. […]

  • Un grand sabre serait d’utilité publique

    Un grand sabre serait d’utilité publique. Estce qu’il n’est pas temps d’exterminer la clique Des songeurs, des rêveurs, des penseurs, des savants, Et de tous ces semeurs jetant leur graine aux vents, Et de mettre au pavois celui qui nous fait taire, Et de souffler sur l’aube, et d’éteindre Voltaire ! […]

  • La Princesse lointaine

    L’amour aux magnifiques flammes Dirige la nef sur les flots, Et c’est encor l’amour qui rame Avec le cœur des matelots ; Tout autour du frère Trophime, Tournent, en désordre étoilé, Tous les vers fameux dont les rimes Étaient deux ailes pour voler ; Ce sont peut-être ces maximes, Plus claires […]

  • T.e. lawrence

    Il n’était absolument lui-même qu’en souhaitant violemment être un autre. Sa grandeur fut de considérer les lauriers comme des buissons d’épines. Ivre de pureté et d’orgueil, toute reconnaissance publique avait à sa bouche un goût d’infamie. Son héroïsme fut de contester chaque jour son image de héros afin de garder intacte […]

  • À l’aube

    Le matin s’écroule comme une pile d’assiettes En milliers de tessons de porcelaine et d’heures Et de carillons Et de cascades Jusque sur le zinc de ce bistro très pauvre Où les étoiles persistent dans la nuit du café Elle n’est pas pauvre Celle-là dans sa robe de soirée souillée de […]

  • Le monde à nu

    Sonnet. Entouré de flacons, d’étranges serpentins, De fourneaux, de matras aux encolures torses, Le chimiste, sondant les caprices des forces, Leur impose avec art des rendez-vous certains. Il règle leurs amours jusque-là clandestins, Devine et fait agir leurs secrètes amorces, Les unit, les provoque à de brusques divorces, Et guide utilement-leurs […]