Dernières histoires

  • Mille morts

    Je suis dans le soleil endormi paresseux habité de pensées comme l’été d’abeilles Le soleil tout à ce qu’il fait n’est que lumière et que chaleur et l’arbre d’un seul mouvement n’a qu’une idée dans ses racines L’oiseau qui se pose sur l’arbre est oiseau de toutes ses ailes Toute en […]

  • La Bonne Lorraine

    Livrée aux léopards anglais par Ysabeau Notre France allait être un cadavre au tombeau. Elle n’avait plus rien de sa fierté divine, Et Suffolk et Talbot lui broyaient la poitrine ; Plus de vaillance, plus d’espoir, c’était la fin. Affolés par la peur affreuse et par la faim, Les paysans quittaient […]

  • Littérature

    Je voudrais aujourd’hui écrire de beaux vers Ainsi que j’en lisais quand j’étais à l’école Ça me mettait parfois les rêves à l’envers Il est possible aussi que je sois un peu folle Mais compter tous ces mots accoupler ces syllabes Me paraît un travail fastidieux de fourmi J’y perdrais mon […]

  • Claire Vénus, qui erres par les Cieux

    Claire Vénus, qui erres par les Cieux, Entends ma voix qui en plaints chantera, Tant que ta face au haut du Ciel luira, Son long travail et souci ennuyeux. Mon oeil veillant s’attendrira bien mieux, Et plus de pleurs te voyant jettera. Mieux mon lit mol de larmes baignera, De ses […]

  • À George Sand

    Ode dite par M. Talien pour la reprise de Claudie au Théatre Cluny le 17 septembre 1879 George Sand ! ô beauté, cœur, âme, esprit, génie, Rien n’a troublé jamais ton effort valeureux, Et ta pensée, en pleurs comme une Iphigénie, Combattait pour le pauvre et pour le malheureux. Car tu […]

  • Tu te verras ton ivoire crêper

    Tu te verras ton ivoire crêper Par l’outrageuse et tardive vieillesse. Lors sans pouvoir en rien participer D’aucune joie et humaine liesse, Je n’aurai eu de ta verte jeunesse, Que la pitié n’a su à soi ployer Ni du travail qu’on m’a vu employer A soutenir mes peines éphémères Comme Apollon, […]

  • Batouque

    Les rizières de mégots de crachat sur l’étrange sommation de ma simplicité se tatouent de pitons. Les mots perforés dans ma salive resurgissent en villes d’écluse ouverte, plus pâle sur les faubourgs O les villes transparentes montées sur yaks sang lent pissant aux feuilles de filigrane le dernier souvenir le boulevard […]

  • La nuit d’octobre

    Le poète Le mal dont j’ai souffert s’est enfui comme un rêve. Je n’en puis comparer le lointain souvenir Qu’à ces brouillards légers que l’aurore soulève, Et qu’avec la rosée on voit s’évanouir. La muse Qu’aviez-vous donc, ô mon poète ! Et quelle est la peine secrète Qui de moi vous […]

  • Impromptu

    (En réponse à la question : Qu’est-ce que la Poésie ?) Chasser tout souvenir et fixer sa pensée, Sur un bel axe d’or la tenir balancée, Incertaine, inquiète, immobile pourtant, Peut-être éterniser le rêve d’un instant ; Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ; Écouter dans son coeur l’écho […]

  • Tentative de description d’un dÎner de têtes à paris-france

    Ceux qui pieusement… Ceux qui copieusement… Ceux qui tricolorent Ceux qui inaugurent Ceux qui croient Ceux qui croient croire Ceux qui croa-croa Ceux qui ont des plumes Ceux qui grignotent Ceux qui andromaquent Ceux qui majusculent Ceux qui chantent en mesure Ceux qui brossent à reluire Ceux qui ont du ventre […]

  • 27 août 0 h 30

    Le juge Ahmed D. quadragénaire qui occupe depuis quelques années un haut poste à la Cour suprême avait été retenu jusqu’à cette heure tardive au ministère « affaire grave et urgente » Ses traits étaient tirés et il eut du mal à se donner bonne contenance avant de franchir le seuil […]

  • Les cinq vautours

    J’ai convoqué mes favoris, les cinq vautours : quatre sont noirs comme le deuil, et le dernier tout blanc avec des yeux de biche. Je leur ai dit : « Ma vie s’achève, que ferez-vous ? » Les vautours noirs m’ont répondu : « Le travail nous attend : peuple à […]