Polysyndète est une figure de style qui consiste à répéter des mots ou des mots de liaison pour créer un effet de rythme ou de résonance. Il est souvent utilisé pour dramatiser ou intensifier une phrase et pour en faire ressortir le sens. Par exemple : « Je suis allé à la maison, j’ai mangé, je suis allé à la plage, je me suis baigné, je suis allé à la boutique, et j’ai acheté des souvenirs. »

La polysyndète peut également être utilisée pour insister sur un point. Par exemple, « Je veux dire ce que je pense, et je veux dire ce que je ressens, et je veux dire ce que je veux ». L’utilisation de « et » entre les phrases ajoute de l’emphase à la phrase et souligne l’importance de ce qui est dit.

En résumé, la polysyndète est une figure de style qui consiste à répéter un mot ou une expression de liaison entre des éléments. Elle sert à donner un rythme à un discours et à le rendre plus fluide, à insister sur un point ou à donner de l’emphase à un propos. Elle peut être utilisée avec des mots tels que « et », « mais », « ou », « donc » et « alors ». La polysyndète peut aider à rendre un texte plus fluide et plus facile à lire ou à insister sur un point.

Exemples

Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. − Et je l’ai trouvée amère. − Et je l’ai injuriée

— Rimbaud, Une saison en enfer


Mais tout dort, et l’armée, et les vents, et Neptune

— Jean Racine, Iphigénie, I, 1


Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne…

— Charles Baudelaire, Les Bijoux


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

— Paul Verlaine, Poèmes saturniens


Madame, qui l’eût dit que dans vos bras habite
Amour si tristement et subie, et subite ?

— Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes


Ma chère, joins tes doigts et pleure et rêve et prie

— Émile Nelligan, Poésies complètes


Il faut les croire sur baiser
Et sur parole et sur regard
Et ne baiser que leurs baisers

— Paul Éluard, La Vie immédiate


Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Et la mer est amère, et l’amour est amer

— Pierre de Marbeuf, Poètes français de l’âge baroque, Anthologie (1571-1677)


Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ?

— Céline, Voyage au bout de la nuit


Et les rimes et la mesure
Sont des chaînes pour la raison.

— Antoine Houdar de La Motte, Anthologie de la poésie française du xviiie siècle au xxe siècle (nrf)


« Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni qui fût ou sien, ou mien. », Montaigne, Essais, De l’amitié

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