Dernières histoires

  • Nuit de Siné

    Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques, tes mains douces plus que fourrure. Là-haut les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne À peine. Pas même la chanson de nourrice. Qu’il nous berce, le silence rythmé. Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons Battre le pouls […]

  • Il y a un petit cordonnier…

    À Stéphane Mallarmé Il y a un petit cordonnier naïf et bossu qui travaille devant de douces vitres vertes. Le dimanche il se lève et se lave et met sur lui du linge propre et laisse la fenêtre ouverte. Il est si peu instruit que, bien que marié, il ne parle […]

  • Carmen

    Allons, allons ! vous voyez bien que je suis bohémienne; voulez-vous que je vous dise la bajia? Avez-vous entendu parler de la Carmencita ? C’est moi. J’étais alors un tel mécréant, il y a de cela quinze ans, que je ne reculai pas d’horreur en me voyant à côté d’une sorcière. […]

  • Une chanson désespérée

    Ton souvenir surgit de la nuit où je suis. La rivière à la mer noue sa plainte obstinée. Abandonné comme les quais dans le matin. C’est l’heure de partir, ô toi l’abandonné! Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur. Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé! En toi se […]

  • 08 – L’esprit dedans ce corps est retenu par force… [LXXI à LXXX]

    LXXI. L’esprit dedans ce corps est retenu par force, Il y vit en danger, en frayeur il y dort : Il faut pour faire fruit qu’il rompe son écorce Et pense que jamais assez tôt il n’en sort. LXXII. L’âme se plaint du corps, le corps se plaint de l’âme, Mais […]

  • Érato

    Nature, où sont tes Dieux ? Ô prophétique aïeule, Ô chair mystérieuse où tout est contenu, Qui pendant si longtemps as vécu de toi seule Et qui sembles mourir, parle, qu’est devenu Cet âge de vertu que chaque jour efface, Où le sourire humain rayonnait sur ta face ? Où s’est […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • Reste belle

    Que ton feu me dévore ! Plaisir ou bien effroi, Tout me ravit ; j’adore Tout ce qui vient de toi, Et la joie ou les larmes, Tout a les mêmes charmes. Ta voix qui se courrouce, Quand j’en étais sevré, Pourtant semble plus douce A mon cœur enivré Que les […]

  • La Maîtresse rousse

    Je pris pour maître, un jour, une rude maîtresse, Plus fauve qu’un jaguar, plus rousse qu’un lion ! Je l’aimais ardemment, âprement, sans tendresse, Avec possession plus qu’adoration ! C’était ma rage, à moi ! la dernière folie Qui saisit, ? quand, touché par l’âge et le malheur, On sent au […]

  • Hérodiade

    Car elle était vraiment princesse : c’était la reine de Judée, la femme d’Hérode, celle qui a demandé la tête de Jean-Baptiste. Henri Heine, Atta Troll. Ses yeux sont transparents comme l’eau du Jourdain. Elle a de lourds colliers et des pendants d’oreilles ; Elle est plus douce à voir que le […]

  • Suite

    « À peine encor, le couchant brille, Un peu, là-bas ; La nuit s’avance, et notre fille Ne revient pas ; Femme, dis-moi ; dis-moi, Marie, Quel accident Serait échu dans la prairie À notre enfant ? — Eh ! c’est vous, Pierre ? elle repose, Oui, mon ami. La bonne […]

  • Battez, tambours de Santerre !

    Le 21 janvier s’achevait. Louis XVI gravissait les marches de l’échafaud. Au moment où Corsaire Sanglot débouchait sur la place par la rue Royale et qu’il remarquait, avec satisfaction, qu’on avait remplacé le magnifique obélisque par l’adorable guillotine, une compagnie de tambours avec leurs baudriers blancs en peau s’alignait contre le […]