Preuves de l’amour

L’amour Éperon du souffle

Recouvre nos fêlures
Pacifie nos gisements

Tisonne nos cendres
Soulève la voûte obscure.

Ceux de l’espoir

Attisés par le chant

Ils échappent à l’aimantation

Des sols et des couteaux

Émergeant des abris taciturnes
Ils apprivoisent l’horizon
Se libèrent des mots flétris
Quittent les ornières du soupçon

L’avenir cédant à l’espérance
Leur rêve engrènera le réel.

Le droit chemin

A chaque kilomètre chaque année

des vieillards au front borné indiquent aux enfants la route d’un geste de ciment armé.

Après

tanières d’ombres

Quand le jour n’offre que tanières d’ombres je m’abrite encore sous le sommeil et ses rameaux veinés de sèves

Je fais halte

J’étreins l’image féconde

Je me charpente pour le retour

2

Plus souvent au matin
J’accède à marée basse à la plate-forme de vie

Mes univers se rassemblent.

Réparé CONTINUER LA LECTURE

Chanson

Le malheur avait mis les habits du mensonge
Ils étaient d’un beau rouge couleur du sang du cœur
Mais son cœur à lui était gris

Penché sur la margelle

il me chantait l’amour

Sa voix grinçait comme la poulie

Et moi

dans mon costume de vérité

je me taisais et je riais

et je dansais

au fond du puits

Et sur l’eau qui riait aussi

la lune CONTINUER LA LECTURE

La vie voyage

Aucune marche
Aucune navigation
N’égalent celles de la vie
S’actionnant dans tes vaisseaux
Se centrant dans l’îlot du cœur
Se déplaçant d’âge en âge

Aucune exploration

Aucune géologie

Ne se comparent aux circuits du sang

Aux alluvions du corps

Aux éruptions de l’âme

Aucune ascension
Aucun sommet
Ne dominent CONTINUER LA LECTURE

Minuit

Avalé par l’aile de la chaloupe de viande

Aperçue, du café, au fond irrépétable et noir

De la rue de l’Échaudé, marqué par l’adage

Au néon, un couple empanaché, à la traîne

Du trottoir errant et familier, se penche

Sur le phoque furtif d’un moteur saoul.

Les très hautes mâchoires de la rue de
Rivoli

S’ouvrent CONTINUER LA LECTURE

À ma bouteille

Viens, ô ma Bouteille chérie,
Viens enivrer tous mes chagrins.
Douce compagne, heureuse amie,
Verse dans ma coupe élargie
L’oubli des dieux et des humains.
Buvons, mais buvons à plein verre ;
Et lorsque la main du sommeil
Fermera ma triste paupière,
Ô Dieux, reculez mon réveil !
Qu’à CONTINUER LA LECTURE

Ardoises

Septembre

C’est la convalescence des vacances déjà le premier sommeil de l’été
Entre l’arbre du bien et du mal et

l’écorce terrestre le doigt de
Dieu est

resté coincé
Sur un toit le spectre solaire s’est couché il a jeté dans la gouttière son sceptre doré

il a tiré sur lui la couverture bleu de nuit mais sur CONTINUER LA LECTURE

Dans chaque cellule

Dans chaque cellule (nid d’humidité

cagibi de dressage)

un prisonnier et son monde

se sont évadés pour

un temps (ici, l’évasion n’est pas affaire légère)

Ceux qui rêvent les yeux ouverts

ne sont pas fatalement tristes

Ils dessinent des fenêtres turquoise

sur l’écran de la nuit

lâchent des gazelles

dans l’incommensurable CONTINUER LA LECTURE

Regarder l’arbre

L’Arbre

couloir de sèves qui persiste et gravit

M’élance hors des décombres
Vers la parole-fruit!

Dépit

Oui, pour jamais
Chassons l’image
De la volage
Que j’adorais.
À l’infidèle
Cachons nos pleurs ;
Aimons ailleurs ;
Trompons comme elle.
De sa beauté
Qui vient d’éclore
Son cœur encore
Est trop flatté.
Vaine et coquette,
Elle rejette
Mes CONTINUER LA LECTURE