Dernières histoires

  • Le Lion

    Suy un lyon qui ne mord point, Sinon quand l’ennemi me poingt. Devise. Les fleuves au midi roulent de larges flots. Entre eux le grand lion dort, cachant ses yeux clos Sous sa rousse crinière éparse. De la plaine On voit monter au ciel sa chaude et blanche haleine, Comme un […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – III. Les deux Frères

    Patientez encor pour une autre folie. Les temps sont si mauvais, que pour son pauvre amant La Muse n’a gardé que sa mélancolie. Donc naguères vivaient, sous l’azur d’Italie, Deux frères de Toscane au langage charmant, Qui n’avaient qu’eux au monde et s’aimaient saintement. Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes Jetés dans […]

  • Teddungal (guimm pour kôra)

    Sall ! je proclame ton nom Sall ! du Fouta-Damga au Cap-Vert Le lac Baïdé faisait nos pieds plus frais, et maigres nous marchions par le Pays-haut du Dyêri. Et soufflaient les passions une tornade fauve aux piquants des gommiers. Où la tendresse du vert au Printemps ? Yeux et narines […]

  • Homme et verbe

    Vous savez bien que la musique a sa propre raison. Un poème s’explique par l’horizon, par le hibou, par le mont chauve, par l’azur qu’on a bu; il n’est rien qui le sauve de l’imprévu. De mot en mot tremblant, l’image s’amplifie, se dissout, sans subir d’esclavage. Un lecteur fou, transi, […]

  • Ô Charles, je te sens près de moi…

    Ô Charles, je te sens près de moi. Doux martyr, Sous terre où l’homme tombe, Je te cherche, et je vois l’aube pâle sortir Des fentes de ta tombe. Les morts, dans le berceau, si voisin du cercueil, Charmants, se représentent ; Et pendant qu’à genoux je pleure, sur mon seuil […]

  • L’ennemi se déguise en l’Ennui

    L’ennemi se déguise en l’Ennui Et me dit : « A quoi bon, pauvre dupe ? » Moi je passe et me moque de lui. L’ennemi se déguise en la Chair Et me dit : « Bah, bah, vive une jupe ! » Moi j’écarte le conseil amer. L’ennemi se transforme […]

  • Le cyanure de l’ego

    Je scandalise le vandale médium du souci. Gorge fatale, torche de guano allumée dans l’orgie, L’erotique torpeur défend ses chiens de la gangrène du bien. Et le condor régnant, décapité Par moi, son boy, le condor de la sagesse, Fatras frotté de fèces, Vampire du Kansas et de l’exception Goitreux, nécrophile, […]

  • Les morts m’écoutent seuls …

    Les morts m’écoutent seuls, j’habite les tombeaux. Jusqu’au bout je serai l’ennemi de moimême. Ma gloire est aux ingrats, mon grain est aux corbeaux, Sans récolter jamais je laboure et je sème. Je ne me plaindrai pas. Qu’importe l’Aquilon, L’opprobre et le mépris, la face de l’injure ! Puisque quand je […]

  • Le Voltigeur. Souvenir de Châteauguay (1831)

    Sombre et pensif, debout sur la frontière, Un Voltigeur allait finir son quart ; L’astre du jour achevait sa carrière, Un rais au loin argentait le rempart. Hélas, ditil, quelle est donc ma consigne ? Un mot anglais que je ne comprends pas : Mon père était du pays de la […]

  • C'était OKC'était OK BofBof J'ai aiméJ'ai aimé

    L’enfant est mort

    Le village s’est vidé de tous ses combattants Rivé à sa mitraillette dont les rafales de feu viennent d’achever l’enfant L’ennemi tremble d’effroi à l’abri d’un vieux mur Tout est propre autour : le ciel la mer l’été rieur les pins L’ennemi a lancé loin par-delà les collines ses vêtements et […]

  • Les deux bonnes soeurs

    La Débauche et la Mort sont deux aimables filles, Prodigues de baisers et riches de santé, Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles Sous l’éternel labeur n’a jamais enfanté. Au poète sinistre, ennemi des familles, Favori de l’enfer, courtisan mal tenté, Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles Un […]

  • La mort du loup

    I Les nuages couraient sur la lune enflammée Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée, Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon. Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon, Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes, Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes, Nous avons […]