Dernières histoires

  • La mort printanière

    Réveille-toi poème fils de l’extrême douleur Ce matin nous avons marié notre plus belle femme à la mort printanière Écrire est dérisoire. Dérisoire ce vitriol au cœur. Le ciel stérile de l’hiver. Le soleil du crime, un avorton pâle. Le silence des murailles concentriques, bâillons crénelés qui encerclent nos mains. Dérisoires […]

  • Confession

    Une fois, une seule, aimable et douce femme, A mon bras votre bras poli S’appuya (sur le fond ténébreux de mon âme Ce souvenir n’est point pâli) ; Il était tard ; ainsi qu’une médaille neuve La pleine lune s’étalait, Et la solennité de la nuit, comme un fleuve, Sur Paris […]

  • Oraison

    Mort printanière. Nous t’avons donné notre plus belle femme. Femme-scandale qui a osé lever la main sur le Temple de servitude. Elle avait une voix toute neuve pour chanter nos amours inédites. Elle savait prédire les tempêtes et les jours de soleil et, quand elle riait, les corbeaux de notre tristesse […]

  • À Auguste Supersac

    Auguste, mon très bon, qui toujours as fléchi Pour les yeux en amande, Sais-tu qu’hier matin j’ai beaucoup réfléchi Et que je me demande Pourquoi décidément ce monde où nous rions A tant de choses sombres, Et pourquoi Dieu n’a mis que de faibles rayons Dans un océan d’ombres ? Pourquoi […]

  • Le corset

    La belle femme en son corset, Vive comme un poisson dans l’onde, Lasse et délasse tes projets, T’offre la clef d’un nouveau monde Ferme les yeux et disparaît. Son corset est l’armure ancienne Où se cache ce qui te plaît. C’est le château, c’est la persienne, C’est le rempart et le […]

  • Les Baisers de pierre

    La lumière des candélabres devint blafarde et verte, les yeux des femmes et les diamants s’éteignirent ; le rubis radieux étincelait seul au milieu du salon obscurci, comme un soleil dans la brume. Théophile Gautier, Onuphrius. À Armand du Mesnil Sois béni, mon très cher ! ta gracieuse lettre M’a trouvé […]

  • A l’enfant malade pendant le siège

    Si vous continuez d’être ainsi toute pâle Dans notre air étouffant, Si je vous vois entrer dans mon ombre fatale, Moi vieillard, vous enfant ; Si je vois de nos jours se confondre la chaîne, Moi qui sur mes genoux Vous contemple, et qui veux la mort pour moi prochaine, Et […]

  • Midi

    Au zénith aveuglant brûle un globe de flamme, Le ciel entier frémit criblé de flèches d’or. Immobile et ridée à peine la mer dort, La mer dort au soleil comme une belle femme. Ça et là, dans le creux des rochers, une lame Blanchit, et par degrés d’un insensible effort Les […]

  • Midi

    Au zénith aveuglant brûle un globe de flamme, Le ciel entier frémit criblé de flèches d’or. Immobile et ridée à peine la mer dort, La mer dort au soleil comme une belle femme. Ça et là, dans le creux des rochers, une lame Blanchit, et par degrés d’un insensible effort Les […]

  • À l’enfant malade pendant le siège

    Si vous continuez d’être ainsi toute pâle Dans notre air étouffant, Si je vous vois entrer dans mon ombre fatale, Moi vieillard, vous enfant ; Si je vois de nos jours se confondre la chaîne, Moi qui sur mes genoux Vous contemple, et qui veux la mort pour moi prochaine, Et […]

  • Thébaïde

    Mon rêve le plus cher et le plus caressé, Le seul qui rit encore à mon cœur oppressé, C’est de m’ensevelir au fond d’une chartreuse, Dans une solitude inabordable, affreuse ; Loin, bien loin, tout là-bas, dans quelque Sierra Bien sauvage, où jamais voix d’homme ne vibra, Dans la forêt de […]

  • Confession

    Une fois, une seule, aimable et douce femme, A mon bras votre bras poli S’appuya (sur le fond ténébreux de mon âme Ce souvenir n’est point pâli) ; Il était tard ; ainsi qu’une médaille neuve La pleine lune s’étalait, Et la solennité de la nuit, comme un fleuve, Sur Paris […]