Dernières histoires

  • L’homme de désir

    Les merveilles du Seigneur semblent jetées sans ordre et sans dessein dans le champ de l’immensité. Elles brillent éparses comme ces fleurs innombrables dont le printemps émaille nos prairies. Ne cherchons pas un plan plus régulier pour les décrire. Principe des êtres, tous tiennent à toi. C’est leur liaison secrète avec […]

  • Un nuage est une barre…

    Un nuage est une barre noire au-dessus des pins en nuit, vers six heures. Le ciel luit au fond, comme la mer, le soir. Si tu étais une palombe, et si j’étais un petit lièvre, je me coucherais dans l’ombre douce, violette et longue. J’aplatirais mes oreilles sur mon dos luisant, […]

  • La gare

    Gare de la douleur j’ai fait toutes tes routes. Je ne peux plus aller, je ne peux plus partir. J’ai traîné sous tes ciels, j’ai crié sous tes voûtes. Je me tends vers le jour où j’en verrai sortir Le masque sans regard qui roule á ma rencontre Sur le crassier […]

  • Les Ruines

    Mais, parmi tant d’objets si grands, si renommés, Qu’en ce climat chéri l’un et l’autre ont semés, Il en est dont l’aspect me frappe davanrage. Ce mélange surtout, cet informe assemblage De palais ruinés, de temples dépéris. Fixe, étonne sans cesse, et confond mes esprits : Fragiles monuments, magnifiques fantômes, Nobles […]

  • Maximes

    II.. L’amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs. XIX. Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui. XXVI. Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. XXXI. Si nous n’avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer dans […]

  • Délire sans nom

    Délire sans nom fantastique bonheur Je reste seul quand ta voix s’est tue Immobile et malade le visage abîmé par la nuit Mes oreilles assourdies par ta voix Délire sans nom mes bras sont retombés Et je suis à nouveau comme celui qui a peur Des êtres et des formes Ma […]

  • Érato

    Nature, où sont tes Dieux ? Ô prophétique aïeule, Ô chair mystérieuse où tout est contenu, Qui pendant si longtemps as vécu de toi seule Et qui sembles mourir, parle, qu’est devenu Cet âge de vertu que chaque jour efface, Où le sourire humain rayonnait sur ta face ? Où s’est […]

  • Carnaval

    L’autre nuit, dans la clarté blonde, Je vis au bal de l’Opéra Un jeune homme du meilleur monde. Son oeil terne m’exaspéra. Son habit, qu’en vain je m’excite A glorifier sans remords, Était noir comme le Cocyte Qui roule son flot chez les morts. Il obéissait à la règle Et son […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – IV. Une Nuit blanche

    La ville, mer immense, avec ses bruits sans nombre, A sur les flots du jour replié ses flots d’ombre, Et la Nuit secouant son front plein de parfums, Inonde le ciel pur de ses longs cheveux bruns. Moi, pensif, accoudé sur la table, j’écoute Cette haleine du soir que je recueille […]

  • Petit matin

    Jusqu’à ce que le ciel soit couleur de matin jusqu’à ce que le coq et le vent et la voile et le sable et les flots et le myrte et le thym échangent l’existence à la dernière étoile Jusqu’à ce que la mer frissonne de chevaux j’irai les yeux ouverts attendre […]

  • Le Fard des Argonautes

    Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd de la mer. Navigateurs chantant des refrains nostalgiques, Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un […]