Dernières histoires

  • 08 – L’esprit dedans ce corps est retenu par force… [LXXI à LXXX]

    LXXI. L’esprit dedans ce corps est retenu par force, Il y vit en danger, en frayeur il y dort : Il faut pour faire fruit qu’il rompe son écorce Et pense que jamais assez tôt il n’en sort. LXXII. L’âme se plaint du corps, le corps se plaint de l’âme, Mais […]

  • Le Sapin

    Il est un arbre fier, droit, austère et robuste, Que n’aime pas l’oiseau, ni la fleur, ni l’arbuste, Ni la vigne flexible aux rameaux caressants. Floréal le dédaigne et brumaire l’oublie ; Et jamais on ne voit que la tempête plie Sa tête échevelée ou ses bras menaçants. Il vit seul […]

  • La tendresse

    Miraculeux printemps dont l’automne est si triste, Le plus beau sentiment, non, ce n’est pas l’amour ; Pas l’amour faible et fou, l’amour aveugle et sourd, Fermant autour de lui sa guirlande égoïste. Ce n’est pas le respect aux bagues d’améthyste ; Ni le rêve, laissant ses longs cheveux flotter ; […]

  • Un mot sur dorat

    Aimer Dorât, quelle folie! Qu’a-t-il fait pour être illustré ? De petits vers sans énergie, Des romans sans philosophie, Plus d’un drame décoloré. Mainte insipide fantaisie Au ton pédant, maniéré ; Bagatelles, c’est démontré. Qu’il est urgent que l’on oublie Chez le Français régénéré. » C’en est fait : telle est […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • La chanson du nuage

    Fait de brouillard et de lumière Entre le matin et le soir, Lorsqu’il se penche sur la terre Le nuage n’est qu’un miroir. Il voudrait bien, lorsqu’il se penche, Être peuplé infiniment De fleur rose, de verte branche, D’un mot, d’un cœur, d’un sentiment ; Il voudrait qu’une onde l’enivre D’un […]

  • La vie

    Il faut admirer tout pour s’exalter soimême Et se dresser plus haut que ceux qui ont vécu De coupable souffrance et de désirs vaincus : L’âpre réalité formidable et suprême Distille une assez rouge et tonique liqueur Pour s’en griser la tête et s’en brûler le coeur. Oh clair et pur […]

  • La Mort et le Mourant

    La Mort ne surprend point le sage ; Il est toujours prêt à partir, S’étant su luimême avertir Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage. Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps : Qu’on le partage en jours, en heures, en moments, Il n’en est point qu’il […]

  • Gris-Blanc de sentiment à pic excavé…

    Gris-Blanc de sentiment à pic excavé. Vers l’intérieur des terres, jusqu’ici balayé par le vent le seigle-de-mer souffle des motifs de sable sur la fumée de chants de fontaine. Une oreille, séparée, écoute. Un oeil, coupé en bandes, rend justice à tout cela.

  • Consolation à Caritée, sur la mort de son mari

    Ainsi quand Mausole fut mort Artémise accusa le sort : De pleurs se noya le visage : Et dit aux astres innocents Tout ce que fait dire la rage, Quand elle est maîtresse des sens. Ainsi fut sourde au réconfort, Quand elle eut trouvé dans le port La perte qu’elle avait […]

  • Sur l’homme – Petit monde

    Portrait de la divine Essence, Incomparable bâtiment, Où l’Eternel, en le formant, Déploya sa toutepuissance ; Simple être, par ton existence, Plante, par ton accroissement, Animal, par ton sentiment, Ange, par ton intelligence ; Temple vivant, monde abrégé, Où le Créateur a logé Tant de différentes images ; Chefd’oeuvre, admirable et […]