Dernières histoires

  • Vieille maison…

    À Odilon Redon Neige endolorissante et morne, tu déroules Ta nappe liliale au toit cher que je sais, Neige endolorissante, ô neige qui t’écroules ! Et la maison vieillote aux carreaux verts cassés A des airs de jeunesse et de pâle frileuse Et ne se souvient plus des contes jacassés : […]

  • Il y a un petit cordonnier…

    À Stéphane Mallarmé Il y a un petit cordonnier naïf et bossu qui travaille devant de douces vitres vertes. Le dimanche il se lève et se lave et met sur lui du linge propre et laisse la fenêtre ouverte. Il est si peu instruit que, bien que marié, il ne parle […]

  • Un gentilhomme…

    « Le rieur alors, d’un ton sage, Dit qu’il craignait qu’un sien ami, Pour les grandes Indes parti N’eût depuis un an fait naufrage. » JEAN DE LA FONTAINE. L. VIII. f. viii. Un gentilhomme, qui fuit la Cour et ses brigues, Donne un repas dans ces beaux lieux si reculés… […]

  • Carmen

    Allons, allons ! vous voyez bien que je suis bohémienne; voulez-vous que je vous dise la bajia? Avez-vous entendu parler de la Carmencita ? C’est moi. J’étais alors un tel mécréant, il y a de cela quinze ans, que je ne reculai pas d’horreur en me voyant à côté d’une sorcière. […]

  • Un jeune homme…

    À Gustave Kahn. Un jeune homme qui a beaucoup souffert traverse la place du hameau vert. La chaleur est immense. Il passe devant l’auberge et une modeste grille où s’entortillent des roses et de la vigne. La douce hirondelle poursuit les guêpes dans le silence. C’est l’heure des vêpres. Il entre […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • A la Jeunesse

    Prologue pour « La Vie de Bohème » au Théâtre de l’Odéon Mesdames et messieurs, nous vous donnons La Vie De Bohème, une pièce où le rire et les pleurs Se mêlent, comme aux champs, où notre âme est ravie, Les larmes du matin brillent parmi les fleurs. Pour dire ce […]

  • Flirt

    Paris, d’espérance allaité, En attendant les myrtes Et les rouges fleurs de l’été, Il est bon que tu flirtes! Flirte en disant des mots confus Avec de molles poses, Sous tes arbres verts et touffus, Sous tes étoffes roses. Le Flirt vient pour nous embraser, Quoi qu’il dise ou qu’il fasse. […]

  • Le Feu

    J’ai fait allumer un grand Feu, Tout est clos, fenêtre et volets. Je veux lire; viens, Rabelais; Ce temps-ci m’intéresse peu. La flamme de rose et de bleu Teint ma chambre, comme un palais; J’ai fait allumer un grand Feu, Tout est clos, fenêtre et volets. Foin des gens qui parlent […]

  • Une vieille lune

    Moi. Chère infidèle ! eh bien, qu’êtes-vous devenue ? Depuis quinze grands jours vous n’êtes pas venue ! Chaque nuit, à l’abri du rideau de satin, Ma bougie en pleurant brûle jusqu’au matin ; Je m’endors sans tenir votre main adorée, Et lorsque vient l’Aurore en voiture dorée, Je cherche vainement […]

  • Le Mirecourt

    Un jour Dumas passait : les divers gens de lettres Devant son gousset plein s’inclinaient à deux mètres, En murmurant : « Ils sont trop verts ! » Un Mirecourt soudain, fait comme un vilain masque, Fendit la foule, prit son twine par la basque, Et lui fit ce discours en […]

  • Contes

    Ah ! si la Muse était tant soit peu fée, Chanter, vraiment, serait emploi des dieux ; Point ne pourrait le plus petit Orphée La bouche ouvrir, qu’on ne vît de tous lieux Courir les gens. Oui, nous ferions merveille, Et sous nos pas la foule toute oreille Ramasserait les miettes […]