Dernières histoires

  • L’homme de désir

    Les merveilles du Seigneur semblent jetées sans ordre et sans dessein dans le champ de l’immensité. Elles brillent éparses comme ces fleurs innombrables dont le printemps émaille nos prairies. Ne cherchons pas un plan plus régulier pour les décrire. Principe des êtres, tous tiennent à toi. C’est leur liaison secrète avec […]

  • La vague

    Où allez-vous, vague profonde ? Visage vert, œil de corail Aveugle fou que l’infini assaille. – Que traînez-vous sur votre épaule ? Un bateau cimetière, un silence Le corps cuivré d’un poisson mort. – Que chantez-vous, belle lumière ? Livre nouveau du Dieu Neptune Écriture du vent qui attend une voile. […]

  • Maximes

    II.. L’amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs. XIX. Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui. XXVI. Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. XXXI. Si nous n’avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer dans […]

  • A Harouth Costtandian

    J’ai tué la petite bête noire qui chantait comme un grelot Je suis voué à la réprobation J’ai supprimé la Vie D’un coup de talon j’ai brisé une espérance de mille années J’ai accompli ce crime sans rien savoir de la lumière Il ne reste qu’une aile brillante sur ma chaussure […]

  • 04 – L’Empire d’Assyrie est tout réduit en cendre… [XXXI à XL]

    XXXI. L’Empire d’Assyrie est tout réduit en cendre, Par les Grecs sont vaincus le Perse et le Médois : Quatre Rois sont sortis du Sceptre d’Alexandre, Et leur couronne enfin fuit de Rome les Lois XXXII. Où sont ces Empereurs, ces foudres de la guerre, Qui des lauriers du monde environnoient […]

  • 08 – L’esprit dedans ce corps est retenu par force… [LXXI à LXXX]

    LXXI. L’esprit dedans ce corps est retenu par force, Il y vit en danger, en frayeur il y dort : Il faut pour faire fruit qu’il rompe son écorce Et pense que jamais assez tôt il n’en sort. LXXII. L’âme se plaint du corps, le corps se plaint de l’âme, Mais […]

  • Lettres perdues

    Par les fentes de l’éternité Nous parlerons ensemble Cherchant nos souffles Peu à peu laissant nos voix Se réaccorder Toi ciel moi terre Nous parlerons longtemps longtemps Jusqu’à ce que l’été Nous couvre de volubilis Autour de moi les grandes fleurs Muselées du jour Mon cœur comme la mer Se retire […]

  • Je vous écoutais et je vous suivais Antonin Artaud

    Je vous écoutais et je vous suivais Antonin Artaud Dans le retentissement et le sarcasme de Tout J’apercevais des ombres, je situais ton délire et j’incarnais réellement ta vie Sans me douter de ta mort Sans me douter que j’étais destiné A vivre seul et maudit Sans me douter que tes paroles […]

  • Misère de l’homme du monde

    Venir à la clarté sans force et sans adresse, Et n’ayant fait longtemps que dormir et manger, Souffrir mille rigueurs d’un secours étranger Pour quitter l’ignorance en quittant la faiblesse : Après, servir longtemps une ingrate Maîtresse Qu’on ne peut acquérir, qu’on ne peut obliger ; Ou qui d’un naturel inconstant […]

  • La chanson du baladin

    Il avait tant voyagé Que son cœur très allégé Précédait son corps moins leste. Puis un jour, bon gré, mal gré, Sa cervelle avait viré En une bulle céleste. Et longtemps après sa mort Ces accessoires encor Dans les ténèbres agrestes Tournaient avec leur chant fou Mais horloge de coucou.