Poésie, poètes, ressources et plus

  • Mignonne, allons voir si la rose

    Mignonne, allons voir si la rose
    Qui ce matin avoit desclose
    Sa robe de pourpre au Soleil,
    A point perdu ceste vesprée
    Les plis de sa robe pourprée,
    Et son teint au vostre pareil.

    Las ! voyez comme en peu d’espace,
    Mignonne, elle a dessus la place
    Las ! las ses beautez laissé cheoir

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    Mignonne, allons voir si la rose
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  • Où est donc le bonheur ?

    Sed satis est jam posse mori.
    LUCAIN.

    Où donc est le bonheur ? disais-je. – Infortuné !
    Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l’avez donné.

    Naître, et ne pas savoir que l’enfance éphémère,
    Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
    Est l’âge du bonheur, et

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    Où est donc le bonheur ?
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  • Quand je suis vingt ou trente mois

    Quand je suis vingt ou trente mois
    Sans retourner en Vendômois,
    Plein de pensées vagabondes,
    Plein d’un remords et d’un souci,
    Aux rochers je me plains ainsi,
    Aux bois, aux antres et aux ondes.

    Rochers, bien que soyez âgés
    De trois mil ans, vous ne changez
    Jamais ni d’état

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    Quand je suis vingt ou trente mois
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  • La femme adultère

    Écoutez ce que c’est que la femme adultère.
    Sa joie est un tourment, sa douleur un mystère :
    Dans son cœur dégradé que le crime avilit
    Un autre a pris la place à l’époux réservée ;
    D’impures voluptés elle s’est abreuvée ;
    Un autre est venu dans son lit.

    Dévorée au dedans d’une flamme cachée,
    Toujours, devant les yeux son image attachée
    Jusqu’aux bras d’un époux vient encor la troubler ;
    Elle reste au logis des heures à l’attendre.
    Prête l’oreille et dit, quand elle croit l’entendre,
    A ses enfants de s’en aller.

    Son complice ! des lois il brave la vengeance !
    Qui pourrait, trahissant leur sourde intelligence,
    Éveiller dans les cœurs le soupçon endormi ?
    De son crime impuni le succès l’encourage,
    La mère lui sourit, et l’époux qu’il outrage
    L’embrasse en disant : mon ami.

    Voici venir enfin l’heure tant retardée ;
    Les voilà seuls, la porte est close et bien gardée :
    Pourquoi cet air pensif, pourquoi cet œil distrait ?
    Pourquoi toujours trembler et pâlir d’épouvante ?
    Personne ne l’a vu monter, et la suivante
    A reçu le prix du secret.

    Dans un festin brillant le hasard les rassemble ;
    Leurs sièges sont voisins. Que vont-ils dire ensemble ?
    Quel sinistre bonheur dans leurs regards a lui !
    Oh retiens les éclairs de ta prunelle ardente,
    Garde de te trahir, et de boire, imprudente !
    Dans la même coupe après lui !

    Que dis-je ? Du mépris et de l’indifférence
    Elle sait à son œil imposer l’apparence :
    Un regard indiscret jamais ne révéla
    De son cœur déchiré la sombre inquiétude.
    Elle s’observe, et sait, à force d’habitude,
    Rester froide quand il est là !

    Ses tourments sont cachés à tous, soyez sans crainte ;
    Aussi regardez-la sans gêne et sans contrainte
    Répondre à vingt propos, sourire… oh si du moins,
    Pour apaiser l’ardeur dont elle est embrasée,
    Elle pouvait, auprès d’une obscure croisée,
    L’avoir un instant sans témoins !

    Sentir le bruit léger de sa robe froissée,
    Dans les plis de satin sa jambe entrelacée,
    Lui donner d’un regard l’heure du lendemain,
    Et, dans ce tourbillon qui roule et qui l’emporte.
    Lui dire… ou seulement debout, près de la porte,
    En passant lui serrer la main !

    Cependant, pas à pas, la vieillesse est venue
    Troubler son cœur flétri d’une crainte inconnue.
    Le prestige enivrant s’est enfin dissipé :
    Il faut quitter l’amour, l’amour et son ivresse ;
    Il faut se trouver seule et subir la tendresse
    De cet homme qu’elle a trompé. Continuer la lecture

    La femme adultère

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  • La Bénédictine

    Elle était au couvent depuis trois mois déjà,
    Et le désir divin grandissait dans son être,
    Lorsqu’un soir, se posant au bord de sa fenêtre,
    Un bel oiseau bâtit son nid, puis s’y logea.

    Ce fut là qu’il vécut longtemps et qu’il mangea.
    Mais, comme elle sentait souvent l’ennui renaître,
    La soeur lui mit au cou par caprice une lettre…
    L’oiseau ne revint plus, elle s’en affligea.

    La vieillesse neigeant sur la Bénédictine
    Fit qu’elle rendit l’âme, une nuit argentine,
    Les yeux levés au ciel par l’extase agrandis :

    Or, comme elle y montait, au chant d’un choeur étrange,
    Elle vit, demandant sa place en paradis,
    L’oiseau qui remettait la lettre aux mains d’un Ange ! Continuer la lecture

    La Bénédictine

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  • Parthénope et l’Étrangère

    À M. Pouqueville

    O femme, que veux-tu ? – Parthénope, un asile.
    – Quel est ton crime ? – Aucun. – Qu’as-tu fait ? – Des ingrats.
    – Quels sont tes ennemis ? – Ceux qu’affranchit mon bras ;
    Hier on m’adorait, aujourd’hui l’on m’exile.

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    Parthénope et l’Étrangère

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  • À mes amis

    Rions, chantons, ô mes amis, Occupons-nous à ne rien faire, Laissons murmurer le vulgaire, Le plaisir est toujours permis. Que notre existence légère S’évanouisse dans les jeux. Vivons pour nous, soyons heureux, N’importe de quelle manière. Un jour il faudra nous courber Sous la main du temps qui nous presse ; Mais jouissons dans la jeunesse, Et dérobons à la vieillesse Tout ce qu’on peut lui dérober. Continuer la lecture

    À mes amis

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