Dernières histoires

  • C'était OKC'était OK

    Ma morte vivante

    Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement J’attends, personne ne viendra Ni de jour, ni de nuit Ni jamais plus de ce qui fut moi-même Mes yeux se sont séparés de tes yeux Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière Ma bouche s’est séparée de ta bouche Ma bouche s’est […]

  • A Madame Léon Daudet

    le jour de son mariage Madame, en vous voyant, vous et votre mari, Couple à qui nuls charmants espoirs ne sont rebelles Et qui semblez marcher sur un sentier fleuri, Comme on devine bien que vos mères sont belles! Comme pour enchanter le ciel oriental, Vos songes sont venus par la […]

  • A la Jeunesse

    Prologue pour « La Vie de Bohème » au Théâtre de l’Odéon Mesdames et messieurs, nous vous donnons La Vie De Bohème, une pièce où le rire et les pleurs Se mêlent, comme aux champs, où notre âme est ravie, Les larmes du matin brillent parmi les fleurs. Pour dire ce […]

  • Débouclez-les, vos longs cheveux

    Débouclez-les, vos longs cheveux de soie, Passez vos mains sur leurs touffes d’anneaux, Qui, réunis, empêchent qu’on ne voie Vos longs cils bruns qui font vos yeux si beaux ! Lissez-les bien, puisque toutes pareilles Négligemment deux boucles retombant Roulent autour de vos blanches oreilles, Comme autrefois, quand vous étiez enfant, […]

  • Lentement à pied

    (extraits)

    Premier janvier. Le soleil, qui efface la vitre, a réveillé quelques lézards. Dans l’enclos, l’amandier chante une joie prématurée. Les violettes, qui ne risquent aucun avenir, parfument les coins d’ombre. Hier soir, la Combe de Mège rêvait aux harmoniques très lointaines de son nom. Le puits gracile, les bourgeons crispés, les […]

  • Une vieille lune

    Moi. Chère infidèle ! eh bien, qu’êtes-vous devenue ? Depuis quinze grands jours vous n’êtes pas venue ! Chaque nuit, à l’abri du rideau de satin, Ma bougie en pleurant brûle jusqu’au matin ; Je m’endors sans tenir votre main adorée, Et lorsque vient l’Aurore en voiture dorée, Je cherche vainement […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – III. Les deux Frères

    Patientez encor pour une autre folie. Les temps sont si mauvais, que pour son pauvre amant La Muse n’a gardé que sa mélancolie. Donc naguères vivaient, sous l’azur d’Italie, Deux frères de Toscane au langage charmant, Qui n’avaient qu’eux au monde et s’aimaient saintement. Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes Jetés dans […]

  • Les ronds-de-cuir

    Les ronds de jambe des ronds-de-cuir, C’est pour les galons. Les poignées de mains, les sourires, C’est la promotion. Les flatteries faites sans rougir, C’est bénédiction. Existe-t-il rien d’aussi bon Qu’un chemin tracé au Cordon ! C’est cordeau qu’il fallait leur dire Et j’ai dit Cordon. Dans une vie sans coup […]

  • L’ame et l’enfant

    Ton sourire, Françoise, est fluide d’enfance Et le monde où tu vis encor mal éclairé, Mais ton âme déjà luit dans sa ressemblance Elle a la joue aimante et le teint coloré. Et vous vous en allez comme des sœurs jumelles Dont l’une est faite d’air du matin ou du soir. […]

  • Comme un esprit des hauteurs

    Comme un esprit des hauteurs Si je pouvais mettre un arrêt à la dévorante seconde vie Qui me harcèle et me coupe un présent en limite confondue Où l’avenir comme un lance-flamme Me dévore le seul présent que je voudrais garder Comme un esprit des hauteurs je voudrais pénétrer Aussi avant […]

  • L’abeille

    Quand l’abeille, au printemps, confiante et charmée, Sort de la ruche et prend son vol au sein des airs, Tout l’invite et lui rit sur sa route embaumée. L’églantier berce au vent ses boutons entr’ouverts ; La clochette des prés incline avec tendresse Sous le regard du jour son front pâle […]

  • In memoriam (III)

    Au pied des monts voici ma colline abritée, Mes figuiers, ma maison, Le vallon toujours vert et la mer argentée Qui m’ouvre l’horizon. Pour la première fois sur cette heureuse plage, Le cœur tout éperdu, Quand j’abordai, c’était après un grand naufrage, Où j’avais tout perdu. Déjà, depuis ce temps de […]