Poésie, poètes, ressources et plus

  • Scène de la vie des antilopes

    En Afrique, il existe beaucoup d’antilopes; ce sont des animaux charmants et très rapides à la course.

    Les habitants de l’Afrique sont les hommes noirs, mais il y a aussi des hommes blancs ; ceux-là sont de passage, ils viennent pour faire des affaires, et ils ont besoin que les Noirs

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    Scène de la vie des antilopes
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  • La maison des morts

    À Maurice Raynal.

    S’étendant sur les côtes du cimetière
    La maison des morts l’encadrait comme un cloître
    À l’intérieur de ses vitrines
    Pareilles à celles des boutiques de modes
    Au lieu de sourire debout
    Les mannequins grimaçaient pour l’éternité

    Arrivé à Munich depuis

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    La maison des morts
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  • La gare

    Gare de la douleur j’ai fait toutes tes routes.

    Je ne peux plus aller, je ne peux plus partir.

    J’ai traîné sous tes ciels, j’ai crié sous tes voûtes.

    Je me tends vers le jour où j’en verrai sortir

    Le masque sans regard qui roule á ma rencontre

    Sur le crassier livide où je rampe vers lui,

    Quand

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    La gare
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  • Arbres

    En argot les hommes appellent les oreilles des feuilles
    c’est dire comme ils sentent que les arbres connaissent la musique
    mais la languie verte des arbres est un argot bien plus ancien
    Qui peut savoir ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent des humains
    Les arbres parlent arbre comme les enfants parlent enfant
    Quand un enfant de femme et d’homme adresse la parole à un arbre

    l’arbre répond
    l’enfant l’entend
    Plus tard l’enfant
    parle arboriculture
    avec ses maîtres et ses parents
    Il n’entend plus la voix des arbres
    il n’entend plus leur chanson dans le vent
    Pourtant parfois une petite fille pousse un cri de détresse dans un square de ciment armé d’herbe morne et de terre souillée Est-ce… oh… est-ce la tristesse d’être abandonnée qui me fait crier au secours ou la crainte que vous m’oubliiez arbres de ma jeunesse ma jeunesse pour de vrai Dans l’oasis du souvenir une source vient de jaillir est-ce pour me faire pleurer J’étais si heureuse dans la foule la foule verte de la forêt avec la peur de me perdre et la crainte de me retrouver
    N’oubliez pas votre petite amie arbres de ma forêt.

    A Antibes rue de l’Hôpital
    où l’herbe à chats surgit encore indemne entre les
    pavés il y a un grand micocoulier Il est dans la cour de l’asile des vieillards Hé oui c’est un micocoulier dit un vieillard assis sur un banc de pierre contre un mur de pierre
    et sa voix est doucement bercée par le soleil d’hiver Micocoulier
    ce nom d’arbre roucoule dans la voix usée
    Et il est millénaire
    ajoute le vieil homme en toute simplicité
    beaucoup plus vieux que moi mais tellement plue
    jeune encore millénaire et toujours vert Et dans la voix de l’apprenti centenaire il y a un peu d’envie beaucoup d’admiration une grande détresse et une immense fraîcheur.

    Si jamais à Paris
    vous passez par la rue Pillet-Will

    qui va de la rue La Fayette à la rue Laffitte
    en tournant oblique
    emportez une plante
    vm brin d’herbe
    un petit arbre
    ou alors il vous arrivera
    oh non pas malheur
    mais un tel ennui instantané et qui vous attend au tournant que même le petit bossu de la rue Quincampoix en grelotterait d’ennui et d’horreur
    pauvre petit spectre
    sur lequel cette rue bardée de misère d’or
    jetterait
    comme une aumône
    un froid
    Celui qui plantera un arbre secret dans la rue Pillet
    Will n’aura son nom marqué sur aucune façade mais sans le savoir les passants lui seront très reconnaissants en écoutant dans cette rue mendiante stricte et veuve
    de tout un petit air de musique verte insolite salutaire et surprenant.

    Dans un bois
    un homme s’égare
    Un homme de nos jours et des siens en même temps
    Et cet homme égaré sourit
    il sait la ville tout près
    et qu’on ne se perd pas comme ça
    il tourne sur lui-même
    Mais le temps passe
    oui le temps disparaît et bientôt le sourire aussi
    Il tourne sur lui-même
    qui tourne autour de lui
    L’espace est une impasse
    où son temps s’abolit
    D a un peu terreur
    il a un peu ennui
    C’est idiot se dit-il
    mais il a de plus en plus terreur
    ennui souci
    Est-ce Meudon la Forêt-Noire Bondy
    les gorges de Ribemont
    d’Apremont
    n sait pourtant
    que c’est le bois de Clam art
    mais il y a quelque chose dans sa mémoire
    dans son imaginatoire
    quelque chose qui hurle à la mort
    en lui tenant les côtes
    Mais il a beau essayer de sourire encore
    le fou rire de l’enfance
    est enfermé dans le cabinet noir
    Il a terreur et panique de logique
    et dans ce bois comme navire sur la mer
    il a roulis angoisse désarroi de navire
    Oh je ne suis pas superstitieux
    mais je voudrais toucher du bois
    pour ne pas le devenir
    Toucher du bois
    tout est là
    Et dans son désarroi
    il se fouille comme un flic fouille et palpe un autre
    être Pas de cure-dents pas d’allumettes nulle amulette Il est de plus en plus perdu aux abois comme biche ou cerf et il oublie de plus en plus que les arbres sont des arbres et que les arbres sont en bois
    Toucher du bois
    toucher du bois
    Soudain derrière lui tout entier
    le bois
    dans un véritable fou rire
    intact ensoleillé
    disparaît
    Sur une route
    passe un laveur de carreaux
    en vélo
    une échelle sur l’épaule
    beau comme un clown de Médrano
    Une échelle
    une échelle en bois
    en bois à toucher
    L’homme
    comme un naufragé hurle terre
    comme un assoiffé hurle eau
    comme un condamné hurle grâce
    l’homme hèle le cycliste
    l’homme hurle bois
    Le cycliste passe
    Un corbillard rapide et vide
    avec un chauffeur hilare
    renverse l’homme sans s’en apercevoir. Continuer la lecture

    Arbres

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  • Les serins et le chardonneret

    Un amateur d’oiseaux avait, en grand secret, Parmi les œufs d’une serine Glissé l’œuf d’un chardonneret. La mère des serins, bien plus tendre que fine, Ne s’en aperçut point, et couva comme sien Cet œuf qui dans peu vint à bien. Le petit étranger, sorti de sa coquille, Des deux époux trompés reçoit les tendres soins, Par eux traité ni plus ni moins Que s’il était de la famille. Couché dans le duvet, il dort le long du jour A côté des serins dont il se croit le frère, Reçoit la becquée à son tour, Et repose la nuit sous l’aile de la mère. Chaque oisillon grandit, et, devenant oiseau, D’un brillant plumage s’habille ; Le chardonneret seul ne devient point jonquille, Et ne s’en croit pas moins des serins le plus beau. Ses frères pensent tout de même : Douce erreur qui toujours fait voir l’objet qu’on aime Ressemblant à nous trait pour trait ! Jaloux de son bonheur, un vieux chardonneret Vient lui dire : Il est temps enfin de vous connaître ; Ceux pour qui vous avez de si doux sentiments Ne sont point du tout vos parents. C’est d’un chardonneret que le sort vous fit naître. Vous ne fûtes jamais serin : regardez-vous, Vous avez le corps fauve et la tête écarlate, Le bec… Oui, dit l’oiseau, j’ai ce qu’il vous plaira ; Mais je n’ai point une âme ingrate, Et mon cœur toujours chérira Ceux qui soignèrent mon enfance. Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien, J’en suis fâché ; mais leur cœur et le mien Ont une grande ressemblance. Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien, Leurs soins me prouvent le contraire : Rien n’est vrai comme ce qu’on sent. Pour un oiseau reconnaissant Un bienfaiteur est plus qu’un père. Continuer la lecture

    Les serins et le chardonneret

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  • Comédie de la soif

    1. LES PARENTSNous sommes tes Grands-Parents, Les Grands ! Couverts des froides sueurs De la lune et des verdures. Nos vins secs avaient du coeur ! Au soleil sans imposture Que faut-il à l’homme ? boire.Moi. – Mourir aux fleuves barbares.Nous sommes tes Grands-Parents Des champs. L’eau est au fond des osiers : Vois le courant du fossé Autour du château mouillé. Descendons en nos celliers ; Après, le cidre et le lait.MOI. – Aller où boivent les vaches.Nous sommes tes Grands-Parents ; Tiens, prends Les liqueurs dans nos armoires ; Le Thé, le Café, si rares, Frémissent dans les bouilloires.– Vois les images, les fleurs. Nous rentrons du cimetière. MOI. – Ah ! tarir toutes les urnes !2. L’ESPRITÉternelles Ondines Divisez l’eau fine. Vénus, soeur de l’azur, Émeus le flot pur.Juifs errants de Norwège Dites-moi la neige. Anciens exilés chers, Dites-moi la mer.MOI. – Non, plus ces boissons pures, Ces fleurs d’eau pour verres ; Légendes ni figures Ne me désaltèrent ;Chansonnier, ta filleule C’est ma soif si folle Hydre intime sans gueules Qui mine et désole.3. LES AMISViens, les vins vont aux plages, Et les flots par millions ! Vois le Bitter sauvage Rouler du haut des monts !Gagnons, pèlerins sages, L’absinthe aux verts piliers…MOI. – Plus ces paysages. Qu’est l’ivresse, Amis ?J’aime autant, mieux, même, Pourrir dans l’étang, Sous l’affreuse crème, Près des bois flottants.4. LE PAUVRE SONGEPeut-être un Soir m’attend Où je boirai tranquille En quelque vieille Ville, Et mourrai plus content : Puisque je suis patient !Si mon mal se résigne, Si j’ai jamais quelque or Choisirai-je le Nord Ou le Pays des Vignes ?… – Ah ! songer est indignePuisque c’est pure perte ! Et si je redeviens Le voyageur ancien, Jamais l’auberge verte Ne peut bien m’être ouverte.5. CONCLUSIONLes pigeons qui tremblent dans la prairie, Le gibier qui court et qui voit la nuit, Les bêtes des eaux, la bête asservie, Les derniers papillons !… ont soif aussi.Mais fondre où fond ce nuage sans guide, – Oh ! favorisé de ce qui est frais ! Expirer en ces violettes humides Dont les aurores chargent ces forêts ? Continuer la lecture

    Comédie de la soif

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  • Le joujou du pauvre

    Je veux donner l’idée d’un divertissement innocent. Il y a si peu d’amusements qui ne soient pas coupables !

    Quand vous sortirez le matin avec l’intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, — telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l’enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, — et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s’agrandir démesurément. D’abord ils n’oseront pas prendre ; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s’enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l’homme.

    Sur une route, derrière la grille d’un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d’un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie.

    Le luxe, l’insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu’on les croirait faits d’une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté.

    À côté de lui, gisait sur l’herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d’une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l’enfant ne s’occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu’il regardait :

    De l’autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme l’œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.

    À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l’enfant pauvre montrait à l’enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c’était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.

    Et les deux enfants se riaient l’un à l’autre fraternellement, avec des dents d’une égale blancheur. Continuer la lecture

    Le joujou du pauvre

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  • Voyage en perse

    Ce jour-là
    la mort était déjà venue plusieurs fois
    me demander
    Mais je lui avais fait dire que je n’étais pas là
    car j’avais autre chose à faire que de l’écouter
    d’autres chats à fouetter
    Et tout particulièrement le Shah de Perse
    que j’avais capturé
    avec un superbe morceau de viande verte
    — les Shahs de Perse en sont très friands —
    un jour qu’il s’en allait
    avec ses gens
    musique en tête
    sur la route de Téhéran
    C’était un grand jour de Fouette…
    et il était très content
    rien qu’à l’idée qu’on fouette
    les pauvres paysans

    Et je l’emmenai h dans une grande valise
    et le montrais
    gratuitement
    aux paysans
    et puis je le fouettais publiquement
    à titre gracieux
    et tous les paysans étaient très heureux
    Le remettant dans la valise
    je continuais un peu partout en Perse
    mon voyage d’agrément
    Agrément pour les autres
    pour les petits enfants et puis pour leurs parents
    car pour moi je n’éprouvais aucun plaisir
    en corrigeant le monarque
    Simplement la même fatigue
    qu’on a en battant les tapis
    persans
    C’est alors que se présenta
    un animal londonien
    et parfait gentleman de Limehouse sur les toits
    Il était de passage et se présenta
    Je suis le chat à neuf queues
    je connais le travail
    et peux voue donner un coup de main
    Voilà mon tarif
    je veux des souris tous les jours
    Parfait lui dis-je parfait
    Et je veux aussi qu’on me laisse m’arrêter

    sur la route à mon gré
    s’il passe sur cette route
    la chatte qui me plaît
    D’accord lui dis-je d’accord
    Et qu’on me laisse lui faire l’amour
    précisa le chat
    Et je veux des oiseaux
    pour lui en faire cadeau
    D’accord d’accord tout ce que vous voudrez
    lui dis-je
    J’étais si fatigué
    Et tout s’arrangea pour le mieux
    L’animal battait le Shah de Perse
    fort correctement
    Et moi je battais le tambour
    et les paysans étaient de plus en plus contents
    et ils apportaient au chat
    des souris et des rats des champs
    Et pour moi
    c’était comme toujours
    des boissons fraîches
    et de jolies filles qui m’embrassaient sur la bouche
    Enfin c’était merveilleux
    et même un jour
    des tisserands
    nous offrirent au chat et à moi
    un véritable tapis volant
    Vous irez plus vite nous dirent-ils

    pour faire votre tournée
    comme ça tout le monde persan
    pourra profiter du spectacle
    qui est très réconfortant
    Mais voilà qu’un jour
    le Shah
    nous regarda douloureusement
    Est-ce que ça va durer longtemps ce petit jeu-là
    Je me rappelle exactement
    la tête qu’il faisait et le temps qu’il faisait
    ce jour-là en même temps
    Un très beau temps
    Nous arrivions sur le tapis
    à deux ou trois mille mètres au-dessus de Téhéran
    Et le chat dit au Shah
    gentiment en souriant
    Allez allez
    Vous plaignez pas Sa Majesté
    si on avait voulu
    on aurait pu vous tuer
    ou bien vous enfermer
    dans un grand bocal transparent
    avec des cornichons méchants
    Et là vous seriez mort de soif
    et la proie de mille et un tourments
    Tout de même

    dit le Shah
    c’est pas des choses à faire
    et puis il poursuivit
    Dans les débuts ça m’a surpris ça m’a étonné et je dirai même que ça m’a fait plaisir pour ne rien vous cacher c’était nouveau vous comprenez maia maintenant je commence à en avoir assez
    Ça fait très mal vous savez et puis c’est humiliant sans compter que j’ai l’air d’un zèbre maintenant un zèbre sur le trône de Perse avouez que c’est pour le moins choquant et je pèse mes mots mais je vous avoue là vraiment que je ne suis pas content mais ça alors pas content pas content du tout
    Du tout du tout du tout
    du tout du tout
    du tout
    Et qu’est-ce que ça peut faire
    dit le chat
    puisqu’on est contents
    nous
    Et nous descendîmes dans la ville
    où partout c’était la fête
    Et partout la joie de vivre
    se promenait nue dans les rues
    Et partout des Persans ivres
    nous souhaitaient la bienvenue

    Ça va
    dit le chat
    La vie est belle
    le trône est vide
    mais les tonneaux sont pleins
    Hélas
    je ne reconnais plus ma ville
    dit le Souverain
    Et qu’est-ce que je vais devenir
    Moi
    dans tout cela
    Tu vas te rendre utile lui répondit le chat Et pour commencer tu nettoieras mon plat. Continuer la lecture

    Voyage en perse

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  • Le renard, le loup et le cheval

    Un Renard, jeune encore, quoique des plus madrés, Vit le premier cheval qu’il eût vu de sa vie. Il dit à certain Loup, franc novice : « Accourez, Un animal paît dans nos prés, Beau, grand ; j’en ai la vue encore toute ravie. – Est-il plus fort que nous ? dit le Loup en riant : Fais-moi son portrait, je te prie. – Si j’étais quelque peintre ou quelque étudiant, Repartit le Renard, j’avancerais la joie Que vous aurez en le voyant. Mais venez, que sait-on ? peut-être est-ce une proie Que la Fortune nous envoie. » Ils vont ; et le Cheval, qu’à l’herbe on avait mis, Assez peu curieux de semblables amis, Fut presque sur le point d’enfiler la venelle. « Seigneur, dit le Renard, vos humbles serviteurs Apprendraient volontiers comment on vous appelle. » Le Cheval, qui n’était dépourvu de cervelle, Leur dit : « Lisez mon nom, vous le pouvez, messieurs : Mon cordonnier l’a mis autour de ma semelle. » Le Renard s’excusa sur son peu de savoir. « Mes parents, reprit-il, ne m’ont point fait instruire ; Ils sont pauvres ; et n’ont qu’un trou pour tout avoir ; Ceux du Loup, gros messieurs, l’ont fait apprendre à lire Le Loup, par ce discours flatté, S’approcha. Mais sa vanité Lui coûta quatre dents : le Cheval lui desserre Un coup ; et haut le pied. Voilà mon Loup par terre Mal en point, sanglant, et gâté. « Frère, dit le Renard, ceci nous justifie Ce que m’ont dit des gens d’esprit : Cet animal vous a sur la mâchoire écrit Que de tout inconnu le Sage se méfie. » Continuer la lecture

    Le renard, le loup et le cheval

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  • Avoir peu de parents, moins de train que de rente

    Avoir peu de parents, moins de train que de rente,
    Et chercher en tout temps l’honnête volupté,
    Contenter ses désirs, maintenir sa santé,
    Et l’âme de procès et de vices exempte ;

    À rien d’ambitieux ne mettre son attente,
    Voir ceux de sa maison en quelque autorité,
    Mais sans besoin d’appui garder sa liberté,
    De peur de s’engager à rien qui mécontente ;

    Les jardins, les tableaux, la musique, les vers,
    Une table fort libre et de peu de couverts,
    Avoir bien plus d’amour pour soi que pour sa dame,

    Être estimé du Prince, et le voir rarement,
    Beaucoup d’honneur sans peine et peu d’enfants sans femme,
    Font attendre à Paris la mort fort doucement. Continuer la lecture

    Avoir peu de parents, moins de train que de rente

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