Dernières histoires

  • Je ne désire point…

    Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent. Non : elle me sera douce comme l’Automne. Telle est sa pureté que je désirerais qu’elle eût sur son chapeau des narcisses-des-prés. Mais que, si elle doit me donner cette grâce que la blanche vertu rend calme et efficace, et veiller aux travaux […]

  • Carmen

    Allons, allons ! vous voyez bien que je suis bohémienne; voulez-vous que je vous dise la bajia? Avez-vous entendu parler de la Carmencita ? C’est moi. J’étais alors un tel mécréant, il y a de cela quinze ans, que je ne reculai pas d’horreur en me voyant à côté d’une sorcière. […]

  • Quarante ans

    Quarante ans, quarante ans, mais c’est le bout du monde ! Je me suis dit cela, c’était à peine hier, Et voilà qu’aujourd’hui c’est question de secondes… Quarante ans, pas déjà… Sinon à quoi ça sert D’avoir eu dix-huit ans, des cerises à l’oreille Et des fleurs aux cheveux, d’avoir tout […]

  • Le Fard des Argonautes

    Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd de la mer. Navigateurs chantant des refrains nostalgiques, Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un […]

  • Battez, tambours de Santerre !

    Le 21 janvier s’achevait. Louis XVI gravissait les marches de l’échafaud. Au moment où Corsaire Sanglot débouchait sur la place par la rue Royale et qu’il remarquait, avec satisfaction, qu’on avait remplacé le magnifique obélisque par l’adorable guillotine, une compagnie de tambours avec leurs baudriers blancs en peau s’alignait contre le […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – III. Les deux Frères

    Patientez encor pour une autre folie. Les temps sont si mauvais, que pour son pauvre amant La Muse n’a gardé que sa mélancolie. Donc naguères vivaient, sous l’azur d’Italie, Deux frères de Toscane au langage charmant, Qui n’avaient qu’eux au monde et s’aimaient saintement. Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes Jetés dans […]

  • Ma fenêtre était large ouverte sur la nuit

    Ma fenêtre était large ouverte sur la nuit. La maison reposant autour de moi sans bruit, J’écrivais, douloureux poète d’élégies, A la clarté dansante et douce des bougies. Un souffle d’air chargé des parfums du jardin Me ravit en entrant la lumière soudain, Et je me trouvai seul dans l’ombre avec […]

  • La nuit de mai

    La muse Poète, prends ton luth et me donne un baiser ; La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore, Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ; Et la bergeronnette, en attendant l’aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser. Poète, prends ton luth, et me […]

  • Souvenir

    Déjà la nuit s’avance, et du sombre Orient Ses voiles par degrés dans les airs se déploient. Sommeil, doux abandon, image du néant, Des maux de l’existence heureux délassement, Tranquille oubli des soins où les hommes se noient ; Et vous, qui nous rendez à nos plaisirs passés, Touchante illusion, Déesse […]

  • La soupe du soir

    À J.K. Huysmans. Il fait nuit dans la chambre étroite et froide où l’homme Vient de rentrer, couvert de neige, en blouse, et comme Depuis trois jours il n’a pas prononcé deux mots, La femme a peur et fait des signes aux marmots. Un seul lit, un bahut disloqué, quatre chaises, […]

  • Parthénope et l’Étrangère

    À M. Pouqueville O femme, que veux-tu ? – Parthénope, un asile. – Quel est ton crime ? – Aucun. – Qu’as-tu fait ? – Des ingrats. – Quels sont tes ennemis ? – Ceux qu’affranchit mon bras ; Hier on m’adorait, aujourd’hui l’on m’exile. – Comment dois-tu payer mon hospitalité ? – Par des périls d’un […]