Dernières histoires

  • Mœurs du siècle

    Dans un temps pluvieux, quand je suis dans la rue, Forcé de me traîner à pié. Triste, confus, humilié, Je m’abaisse et me diminue, De peur d’être vu de quelqu’un : De salut, je n’en fais aucun, Et quiconque m’en fait, me tue. Suis-je auprès d’un seigneur, dans son carrosse assis […]

  • Délire sans nom

    Délire sans nom fantastique bonheur Je reste seul quand ta voix s’est tue Immobile et malade le visage abîmé par la nuit Mes oreilles assourdies par ta voix Délire sans nom mes bras sont retombés Et je suis à nouveau comme celui qui a peur Des êtres et des formes Ma […]

  • Lettres perdues

    Par les fentes de l’éternité Nous parlerons ensemble Cherchant nos souffles Peu à peu laissant nos voix Se réaccorder Toi ciel moi terre Nous parlerons longtemps longtemps Jusqu’à ce que l’été Nous couvre de volubilis Autour de moi les grandes fleurs Muselées du jour Mon cœur comme la mer Se retire […]

  • Quarante ans

    Quarante ans, quarante ans, mais c’est le bout du monde ! Je me suis dit cela, c’était à peine hier, Et voilà qu’aujourd’hui c’est question de secondes… Quarante ans, pas déjà… Sinon à quoi ça sert D’avoir eu dix-huit ans, des cerises à l’oreille Et des fleurs aux cheveux, d’avoir tout […]

  • Brouillard

    Le brouillard me fait peur ! Et ces phares – yeux hurlant de quels monstres Glissant dans le silence. Ces ombres qui rasent le mur Et passent, sont-ce mes souvenirs Dont la longue file va-t-en pèlerinage ?… Le brouillard sale de la Ville ! De sa suie froide Il encrasse mes […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • Le Sanglier

    C’était auprès d’un lac sinistre, à l’eau dormante, Enfermé dans un pli du grand mont Érymanthe, Et l’antre paraissait gémir, et, tout béant, S’ouvrait, comme une gueule affreuse du néant. Des vapeurs en sortaient, ainsi que d’un Averne. Immobile, et penché pour voir dans la caverne, Hercule regarda le sanglier hideux. […]

  • Le Fard des Argonautes

    Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd de la mer. Navigateurs chantant des refrains nostalgiques, Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un […]

  • Hérodiade

    Car elle était vraiment princesse : c’était la reine de Judée, la femme d’Hérode, celle qui a demandé la tête de Jean-Baptiste. Henri Heine, Atta Troll. Ses yeux sont transparents comme l’eau du Jourdain. Elle a de lourds colliers et des pendants d’oreilles ; Elle est plus douce à voir que le […]

  • Calendrier

    Janvier nous prive de feuillage ; Février fait glisser nos pas ; Mars a des cheveux de nuage, Avril, des cheveux de lilas ; Mai permet les robes champêtres ; Juin ressuscite les rosiers ; Juillet met l’échelle aux fenêtres, Août, l’échelle aux cerisiers. Septembre, qui divague un peu, Pour danser […]

  • On m’éreinte…

    À Raymond Bonheur. On m’éreinte dans le Musée des familles, moi qui chante les anciens magazines et les rires charmants des jeunes filles qui le lisaient à l’ombre des charmilles. Une d’elles, rêveuse, et ses yeux bleus au ciel, le coude à son genou et la main au menton, songeait à […]

  • La Bonne Lorraine

    Livrée aux léopards anglais par Ysabeau Notre France allait être un cadavre au tombeau. Elle n’avait plus rien de sa fierté divine, Et Suffolk et Talbot lui broyaient la poitrine ; Plus de vaillance, plus d’espoir, c’était la fin. Affolés par la peur affreuse et par la faim, Les paysans quittaient […]