Dernières histoires

  • Par ce que j’ai souffert…

    Par ce que j’ai souffert, ma mésange bénie, je sais ce qu’a souffert l’autre : car j’étais deux… Je sais vos longs réveils au milieu de la nuit et l’angoisse de moi qui vous gonfle le sein. On dirait par moments qu’une tête chérie, confiante et pure, ô vous qui êtes […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • Dans une ville où rien n’existe

    Dans une ville où rien n’existe et où tout se crée perpétuellement sans jamais nous laisser un seul instant de repos nous ne sommes vraiment que les instruments d’une force qui anime et qui démembre ces murs Il n’y a pas de conjonction pour ceux qui traversent l’espace et le temps […]

  • Un printemps magique naîtra

    Un printemps magique naîtra De l’horreur brisée L’horreur c’était la glace sur le fer La neige immaculée et le sang coagulé sur le fer L’angoisse asymétrique sur nos faces Comme un même délire obscène Une vengeance de l’incommensurable attente Du poison d’un impossible apaisement Et le printemps sera comme un noyé […]

  • Battez, tambours de Santerre !

    Le 21 janvier s’achevait. Louis XVI gravissait les marches de l’échafaud. Au moment où Corsaire Sanglot débouchait sur la place par la rue Royale et qu’il remarquait, avec satisfaction, qu’on avait remplacé le magnifique obélisque par l’adorable guillotine, une compagnie de tambours avec leurs baudriers blancs en peau s’alignait contre le […]

  • Vent nocturne

    Sur la mer maritime se perdent les perdus Les morts meurent en chassant des chasseurs dansent en rond une ronde Dieux divins ! Hommes humains ! De mes doigts digitaux je déchire une cervelle cérébrale. Quelle angoissante angoisse Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus Cieux célestes terre terrestre Mais […]

  • Vent de glace

    Vent de glace feuilles tremblantes Printemps comme un somnambule Dans la lumière d’un ciel en proie à la peur Ce refus de mourir exalté Et l’angoisse de la gloire D’une gloire fragile Que l’on regarde fixement durant les jours Rêve au matin après la veille Blocs incandescents et l’éclatement qui menace

  • De la lumière

    Quand le vieux Gœthe un jour cria : « De la lumière ! » Contre l’obscurité luttant avec effort, Ah ! lui du moins déjà sentait sur sa paupière Peser le voile de la mort. Nous, pour le proférer ce même cri terrible, Nous avons devancé les affres du trépas ; […]

  • Les pas

    L’hiver, quand on fermait, A grand bruit lourd, les lourds volets, Et que la lampe s’allumait Dans la cuisine basse, Des pas se mettaient à sonner, des pas, des pas, Au long du mur, sur le trottoir d’en face. Tous les enfants étaient rentrés, Rompant leurs jeux enchevêtrés ; Le village […]

  • À George Sand

    Ode dite par M. Talien pour la reprise de Claudie au Théatre Cluny le 17 septembre 1879 George Sand ! ô beauté, cœur, âme, esprit, génie, Rien n’a troublé jamais ton effort valeureux, Et ta pensée, en pleurs comme une Iphigénie, Combattait pour le pauvre et pour le malheureux. Car tu […]

  • Femme noire

    Femme nue, femme noire Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi, Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné Et […]

  • La vie

    Il faut admirer tout pour s’exalter soimême Et se dresser plus haut que ceux qui ont vécu De coupable souffrance et de désirs vaincus : L’âpre réalité formidable et suprême Distille une assez rouge et tonique liqueur Pour s’en griser la tête et s’en brûler le coeur. Oh clair et pur […]