Dernières histoires

  • L’Artois

    À JoséMaria de Heredia. I J’aime mon vieil Artois aux plaines infinies, Champs perdus dans l’espace où s’opposent, mêlés, Poèmes de fraîcheur et fauves harmonies, Les lins bleus, lacs de fleurs, aux verdures brunies, L’oeillette, blanche écume, à l’océan des blés. Au printemps, les colzas aux gais bouquets de chrome, De […]

  • La Terrasse Frontenac

    Je n’ai vu ni Venise un soir à sa gondole, Ni Naples, ni l’Etna : pourtant, je m’en console ! Car j’ai vu, rayonnant au soleil de midi, Québec, perché làhaut comme un aigle hardi. Je l’ai vu panaché de verglas et de brume, Et je l’ai vu l’été sous son […]

  • Tu fus une grande amoureuse

    Tu fus une grande amoureuse À ta façon, la seule bonne Puisqu’elle est tienne et que personne Plus que toi ne fut malheureuse, Après la crise de bonheur Que tu portas avec honneur. Oui, tu fus comme une héroïne, Et maintenant tu vis, statue Toujours belle sur la ruine D’un espoir […]

  • Odelette anacréontique

    Pour que je t’aime, ô mon poëte, Ne fais pas fuir par trop d’ardeur Mon amour, colombe inquiète, Au ciel rose de la pudeur. L’oiseau qui marche dans l’allée S’effraye et part au moindre bruit ; Ma passion est chose ailée Et s’envole quand on la suit. Muet comme l’Hermès de […]

  • Très doucement, plus doucement encore

    Très doucement, plus doucement encore, Berce ma tête entre tes bras, Mon front fiévreux et mes yeux las ; Très doucement, plus doucement encore. Baise mes lèvres, et dismoi Ces mots plus doux à chaque aurore, Quand me les dit ta voix, Et que tu t’es donnée, et que je t’aime […]

  • Je t’apporte, buisson de roses funéraires

    Je t’apporte, buisson de roses funéraires, Ces vers, à toi déjà lointaine et presque morte, Ô douloureuse enfant qui passes dans mes rêves ; Moi qui t’ai vue heureuse et belle, je t’apporte Ces vers, comme un bouquet de lys sur ta beauté. Tu sus trop tôt que l’homme est âprement […]

  • Quand tu me vois baiser tes bras

    Stances Quand tu me vois baiser tes bras, Que tu poses nus sur tes draps, Bien plus blancs que le linge même, Quand tu sens ma brûlante main Se pourmener dessus ton sein, Tu sens bien, Cloris, que je t’aime. Comme un dévot devers les cieux, Mes yeux tournés devers tes […]

  • Le mois d’août

    Ô mes frères, voici le beau temps des vacances ! Le mois d’août, appelé par dix mois d’espérances ! De bien loin votre aîné ; je ne puis oublier Août et ses jeux riants ; alors, pauvre écolier, Je veux voir mon pays, notre petit domaine ; Et toujours le mois […]

  • La nuit d’août

    La muse Depuis que le soleil, dans l’horizon immense, A franchi le Cancer sur son axe enflammé, Le bonheur m’a quittée, et j’attends en silence L’heure où m’appellera mon ami bien-aimé. Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ; Des beaux jours d’autrefois rien n’y semble vivant. Seule, je viens […]

  • Ce qui dure

    Le présent se fait vide et triste, Ô mon amie, autour de nous ; Combien peu de passé subsiste ! Et ceux qui restent changent tous. Nous ne voyons plus sans envie Les yeux de vingt ans resplendir, Et combien sont déjà sans vie Des yeux qui nous ont vus grandir […]