Dernières histoires

  • 08 – L’esprit dedans ce corps est retenu par force… [LXXI à LXXX]

    LXXI. L’esprit dedans ce corps est retenu par force, Il y vit en danger, en frayeur il y dort : Il faut pour faire fruit qu’il rompe son écorce Et pense que jamais assez tôt il n’en sort. LXXII. L’âme se plaint du corps, le corps se plaint de l’âme, Mais […]

  • Au Pierrot de Willette

    Cher Pierrot, qui d’un clin d’oeil Me montre tout ce qui m’aime, J’aime ta joie, et ton deuil Même! Je t’aime, de froid transi Et terrassé par le jeûne, Et tremblant d’amour, et si Jeune! J’aime ton regard de feu, Ta bravoure et ton coeur mâle, Bien que tu sembles un […]

  • La Maîtresse rousse

    Je pris pour maître, un jour, une rude maîtresse, Plus fauve qu’un jaguar, plus rousse qu’un lion ! Je l’aimais ardemment, âprement, sans tendresse, Avec possession plus qu’adoration ! C’était ma rage, à moi ! la dernière folie Qui saisit, ? quand, touché par l’âge et le malheur, On sent au […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – III. Les deux Frères

    Patientez encor pour une autre folie. Les temps sont si mauvais, que pour son pauvre amant La Muse n’a gardé que sa mélancolie. Donc naguères vivaient, sous l’azur d’Italie, Deux frères de Toscane au langage charmant, Qui n’avaient qu’eux au monde et s’aimaient saintement. Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes Jetés dans […]

  • Le rêve du coeur

    Je suis une enfant très lointaine Car j’ai le rêve dans mon cœur. Mon cœur est l’époux de ma peine Et ce couple est fait de malheur. Je suis une enfant très lointaine. Je vois, je devine et je sais, J’entends, je donne et je pardonne, Je connais et je reconnais, […]

  • Soir d’hiver

    L’étoile a des frissons dans la sphère divine. HENRY MURGER L’eau pleure au clair bassin des larmes de cristal, Le pré s’est revêtu d’une robe argentée, Des lueurs ont blanchi le ciel oriental Et la lune apparaît dédaigneuse et lactée. Le vent souffle du nord et le froid est fatal. Malheur […]

  • Sagesse

    Le sage est retiré dans sa petite ville Délivré des bavards et des sots, tourbe vile, Et s’est dit, en voyant le monde: Allons-nous-en! Comme il fut jadis bon soldat, bon artisan, Et que ses actions furent une prière, Sans nulle défaillance il regarde en arrière, Et loin des appétits hagards […]

  • A Monsieur du Pin

    Ode burlesque. Cher du PIN, je suis indigent Plus que le party de la Fronde ; Je n’ay point d’or et moins d’argent C’est le plus grand malheur du monde. Et tu me voudrois conseiller De faire quelque Comedie ? Il est mal aisé de railler Quand peu s’en faut qu’on […]

  • Cependant que Magny …

    Cependant que Magny suit son grand Avanson Pa,jas son Cardinal, et moy le mien encore, Et que l’espoir flatteur, qui nos beaux ans devore, Appastre nos desirs d’un friand hamesson, Tu courtises les Roys, et d’un plus heureux son Chantant l’heur de Henry, qui son siecle decore, Tu t’honores toymesme, et […]

  • Jeanne d’Arc

    RÉCITATIF Je cherche en vain le repos qui me fuit. Mon cœur et plein des douleurs de la France. Jusqu’en ces lieux déserts, dans l’ombre et le silence De la patrie en deuil le malheur me poursuit. CHANT Sombre forêt, retraite solitaire, Muets témoins de mes secrets ennuis, A mes regards, […]

  • Blancheur

    C’est la neige tourbillonnante Qui voltige dans l’air, mousseline vivante, La neige qui s’arma, dans l’extase du froid, D’une beauté trop loin de la vie et traîtresse. La neige pleine de caresses, Si douce au pas quand elle choit. Ceuxlà dont le sang bout dans les veines, les forts, Devant la […]

  • Allez en paix

    Allez en paix, mon cher tourment, Vous m’avez assez alarmée, Assez émue, assez charmée… Allez au loin, mon cher tourment, Hélas ! mon invisible aimant ! Votre nom seul suffira bien Pour me retenir asservie ; Il est alentour de ma vie Roulé comme un ardent lien : Ce nom vous […]