Poésie, poètes, ressources et plus

  • Chanson d’après-midi

    Quoique tes sourcils méchants
    Te donnent un air étrange
    Qui n’est pas celui d’un ange,
    Sorcière aux yeux alléchants,

    Je t’adore, ô ma frivole,
    Ma terrible passion !
    Avec la dévotion
    Du prêtre pour son idole.

    Le désert et la forêt
    Embaument tes tresses rudes,
    Ta

    Continuer la lecture
    Chanson d’après-midi
    Notez ce poème
  • Regrets d’amour

    Stance.

    Caliste, lorsque je vous vois,
    Dirai-je que je vous admire ?
    C’est vous dire bien peu pour moi,
    Et peut-être c’est trop vous dire.

    Je m’expliquerais un peu mieux
    Pour un moindre rang que le vôtre,
    Vous êtes belle, j’ai des yeux,
    Et je suis homme comme un autre.

    Que

    Continuer la lecture
    Regrets d’amour
    Notez ce poème
  • Sonnet d’automne

    Sonnet.

    Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal :
    ” Pour toi, bizarre amant, quel est donc mon mérite ? ”
    – Sois charmante et tais-toi ! Mon coeur, que tout irrite,
    Excepté la candeur de l’antique animal,

    Ne veut pas te montrer son secret infernal,
    Berceuse dont

    Continuer la lecture
    Sonnet d’automne
    Notez ce poème
  • Bien, je l’ay dit, je le confesse

    Bien, je l’ay dit, je le confesse,
    Que nul ne te pourroit aimer
    Autant que je t’aime, Maistresse,
    Sçachant mieux qu’autre t’estimer :
    Car d’autant que je cognoy plus
    Et tes beautez et tes vertus,
    D’autant ma Francine je doy
    Mettre plus grande amour en toy.

    Un autre moins digne, peut estre,
    Du premier coup s’éblouira,
    Et ne te pouvant pas conoistre
    Un fol amour en souffrira,
    Pour un rayon de ta beauté
    Perdant de raison la clarté,
    Et par trop vaine passion
    T’offrira son affection.

    Mais dy : quel service agreable
    D’un tel fol pourras tu tirer,
    Qui te criant non pitoyable
    Ne fera rien que souspirer,
    Que t’ennuier de ses ennuis
    Qu’il prendra les jours et les nuits,
    Pour ton amour, comme il crira,
    Mais par sottise il languira.

    Non ainsi, non ainsi, Francine,
    Je ne t’aime ainsi folement,
    D’un ray de ta valeur divine
    Souffrant un fol aveuglement.
    Ce qui me fait ainsi t’aimer
    C’est que je sçay bien t’estimer,
    C’est que sage je cognoy bien
    Tes graces qui me rendent tien :

    Qui mourroyent, las, si de mes graces
    Elles n’avoyent les belles fleurs,
    Que mignardement tu embrasses
    Pour orner tes dines valeurs
    De leur chapelet fleurissant
    Par l’age ne se fanissant,
    Que je leur donray bien apris,
    Puis que tu ne l’as en mépris.

    Et ce qui me donne courage,
    C’est que tu cheris mes chansons,
    Les aimant d’un jugement sage,
    Bien que j’agence leurs façons,
    N’étant d’amour au coeur ateint,
    En l’honneur d’un nom que j’ay feint.
    Combien donc les cheriras tu
    Quand je chanteray ta vertu ?

    Tu les entans, tu les caresses,
    Et puis que tu les aimes tant
    De leurs mignardes gentillesses
    Ton desir je feray contant.
    Francine, si tu prens à gré
    Mon chant tout à toy consacré,
    Si je te voy te plaire aux sons
    De mes amoureuses chansons,

    Je feray que nulle ancienne
    Ne s’élevera dessur toy :
    Je feray que la gloire tienne,
    Pour t’avoir obligé ma foy,
    Bien peu d’envie portera
    A la plus brave qu’on lira
    De nostre temps avoir eu l’heur
    De gagner d’un Poëte le coeur.

    Amours de Francine Continuer la lecture

    Bien, je l’ay dit, je le confesse

    Notez ce poème


  • Abîme

    il pensa à la logique des dents du marécage il pensa au plomb fondu dans la gorge de la Chimère il pensa à une morgue de becs dans le mouroir des coraux il pensa à la prorogation sans limites à travers les plages du temps de la querelle séculaire (le temps d’une éclipse d’âme il y eut en travers de moi-même la passion d’un piton) il pensa à un trottinement de souris dans le palais d’une âme royale il pensa à la voix de chiourme étranglée d’une chanson puis par la halte sans âme d’un troupeau à un isolât de limaces de mer coiffées de leur casque à venin ainsi toute nostalgie à l’abîme roule Continuer la lecture

    Abîme

    Notez ce poème