Dernières histoires

  • Les lanternes de la mémoire

    En mémoire des génocides et prévention des crimes contre l’humanité   Fils d’un destin fatal dans une terreOù germe la tyrannieDont les arbres portent des fruitsSerrés les uns contre les autresComme des joyaux maudits,Solitudes dans la multitudeQuand la hache du noirDisperse leurs joursDans les jardins de la survie. Éclairés par les […]

  • Les Ruines

    Mais, parmi tant d’objets si grands, si renommés, Qu’en ce climat chéri l’un et l’autre ont semés, Il en est dont l’aspect me frappe davanrage. Ce mélange surtout, cet informe assemblage De palais ruinés, de temples dépéris. Fixe, étonne sans cesse, et confond mes esprits : Fragiles monuments, magnifiques fantômes, Nobles […]

  • Une chanson désespérée

    Ton souvenir surgit de la nuit où je suis. La rivière à la mer noue sa plainte obstinée. Abandonné comme les quais dans le matin. C’est l’heure de partir, ô toi l’abandonné! Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur. Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé! En toi se […]

  • La Muse Héroïque

    ODE RÉCITÉE À LA COMÉDIE FRANÇAISE PAR MADEMOISELLE RACHEL La Muse. Peuple, écoute la voix de la Muse héroïque. Pensive et recueillie et tout émue encor, Je viens chanter Corneille, et sur son front stoïque Étendre cette main qui tient des sceptres d’or. Car son esprit vivant dans ma veine circule, […]

  • Songe d’hiver

    A sad tale’s best for winter ; I have one of spirits and goblins. Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I. I Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand, Dans notre farniente adorable et charmant On oubliait le monde aride, Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué, Au milieu […]

  • Se pétrir d’un voyage

    Je me souviens de l’océan Chaud et doux, S’entêtant à me séduire, S’allongeant sur mes rêves. Face aux torrents agités, crissants, d’ici, Je me souviens de la vie là-bas, Légère, Fluide comme une rivière, Traversante, Dans un horizon sans barrière. Je me souviens aussi, Du souvenir de vous, Mes êtres demeures, […]

  • Débouclez-les, vos longs cheveux

    Débouclez-les, vos longs cheveux de soie, Passez vos mains sur leurs touffes d’anneaux, Qui, réunis, empêchent qu’on ne voie Vos longs cils bruns qui font vos yeux si beaux ! Lissez-les bien, puisque toutes pareilles Négligemment deux boucles retombant Roulent autour de vos blanches oreilles, Comme autrefois, quand vous étiez enfant, […]

  • Mille morts

    Je suis dans le soleil endormi paresseux habité de pensées comme l’été d’abeilles Le soleil tout à ce qu’il fait n’est que lumière et que chaleur et l’arbre d’un seul mouvement n’a qu’une idée dans ses racines L’oiseau qui se pose sur l’arbre est oiseau de toutes ses ailes Toute en […]

  • Battez, tambours de Santerre !

    Le 21 janvier s’achevait. Louis XVI gravissait les marches de l’échafaud. Au moment où Corsaire Sanglot débouchait sur la place par la rue Royale et qu’il remarquait, avec satisfaction, qu’on avait remplacé le magnifique obélisque par l’adorable guillotine, une compagnie de tambours avec leurs baudriers blancs en peau s’alignait contre le […]

  • La chanson du nuage

    Fait de brouillard et de lumière Entre le matin et le soir, Lorsqu’il se penche sur la terre Le nuage n’est qu’un miroir. Il voudrait bien, lorsqu’il se penche, Être peuplé infiniment De fleur rose, de verte branche, D’un mot, d’un cœur, d’un sentiment ; Il voudrait qu’une onde l’enivre D’un […]

  • Ceux qui meurent et Ceux qui combattent – III. Les deux Frères

    Patientez encor pour une autre folie. Les temps sont si mauvais, que pour son pauvre amant La Muse n’a gardé que sa mélancolie. Donc naguères vivaient, sous l’azur d’Italie, Deux frères de Toscane au langage charmant, Qui n’avaient qu’eux au monde et s’aimaient saintement. Deux lutteurs aguerris, formidables athlètes Jetés dans […]

  • Poignardé par le choc

    Poignardé par le choc en retour des forces Menacé par la mort menacé par la dérision Je n’avancerai pas sans vertige Et je pressens que n’ayant tenu compte Ni de la douleur ni du souvenir lucide Il ne me restera qu’un immense empire Mais peu de force pour conquérir ce royaume