Poésie, poètes, ressources et plus

  • Ôtez votre beauté, ôtez votre jeunesse

    Ôtez votre beauté, ôtez votre jeunesse,
    Ôtez ces rares dons que vous tenez des cieux,
    Ôtez ce bel esprit, ôtez-moi ces beaux yeux,
    Cet aller, ce parler digne d’une Déesse :

    Je ne vous serai plus d’une importune presse
    Fâcheux comme je suis : vos dons si précieux
    Me

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    Ôtez votre beauté, ôtez votre jeunesse
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  • Le désespoir est assis sur un banc

    Dans un square sur un banc

    Il y a un homme qui vous appelle quand on passe

    Il a des binocles un vieux costume gris

    Il fume un petit ninas il eet assis

    Et il vous appelle quand on passe

    Ou simplement il vous fait signe

    Il ne faut pas le regarder

    Il ne faut pas l’écouter

    Il faut passer

    Faire comme si

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    Le désespoir est assis sur un banc
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  • Diane, ta coutume est de tout déchirer

    Sonnet LXXXIX.

    Diane, ta coutume est de tout déchirer,
    Enflammer, débriser, ruiner, mettre en pièces,
    Entreprises, desseins, espérances, finesses,
    Changeant en désespoir ce qui fait espérer.

    Tu vois fuir mon heur, mon ardeur empirer,
    Tu m’as sevré du lait, du miel de tes caresses,
    Tu resondes les coups dont le coeur tu me blesses,
    Et n’as autre plaisir qu’à me faire endurer.

    Tu fais brûler mes vers lors que je t’idolâtre,
    Tu leur fais avoir part à mon plus grand désastre :
    ” Va au feu, mon mignon, et non pas à la mort,

    Tu es égal à moi, et seras tel par elle “.
    Diane repens-toi, pense que tu as tort
    Donner la mort à ceux qui te font immortelle. Continuer la lecture

    Diane, ta coutume est de tout déchirer

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  • Au seul souci de voyager

    Au seul souci de voyager Outre une Inde splendide et trouble — Ce salut soit le messager Du temps, cap que ta poupe doubleComme sur quelque vergue bas Plongeante avec la caravelle Ecumait toujours en ébats Un oiseau d’annonce nouvelleQui criait monotonement Sans que la barre ne varie Un inutile gisement Nuit, désespoir et pierreriePar son chant reflété jusqu’au Sourire du pâle Vasco. Continuer la lecture

    Au seul souci de voyager

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  • Cri du cœur

    C’est pas seulement une voix qui chante
    c’est d’autres voix une foule de voix
    voix d’aujourd’hui ou d’autrefois
    Des voix marrantes ensoleillées
    désespérées émerveillées
    Voix déchirantes et brisées
    voix souriantes et affolées
    folles de douleur et de gaieté
    C’est la voix d’un chagrin tout neuf la voix de l’amour mort ou vif
    la voix d’un pauvre fugitif
    la voix d’un noyé qui fait plouf
    C’est la voix d’un oiseau craintif
    la voix d’un moineau mort de froid
    sur le pavé d’la rue de la Joie Tout simplement la voix d’un piaf
    Et toujours toujours quand je chante

    cet oiseau-là chante avec moi
    Toujours toujours encore vivante
    sa pauvre voix tremble pour moi
    Si je disais tout ce qu’il chante
    tout c’ que j’ai vu et tout c’ que je sais
    j’en dirais trop et pas assez
    Et tout ça je veux l’oublier
    D’autres voix chantent un vieux refrain
    c’est leur souvenir c’est plus le mien
    je n’ai plus qu’un seul cri du cœur
    J’aime pas le malheur j’aime pas le malheur
    et le malheur me le rend bien
    mais je 1′ connais il m’ fait plus peur
    Il dit qu’on est mariés ensemble même si c’est vrai je n’en crois rien
    Sans pitié j’écrase mes larmes
    je leur fais pas d’ publicité
    Si on tirait 1′ signal d’alarme
    Pour des chagrins particuliers
    jamais les trains n’ pourraient rouler
    Et je regarde le paysage
    si par hasard il est trop laid
    j’attends qu’il se rTasae une beauté
    Et les douaniers du désespoir
    peuvent bien éventrer mes bagages
    me palper et me questionner

    j’ai jamais rien à déclarer
    L’amour comme moi part en voyage
    un jour je le rencontrerai
    A peine j’aurai vu son visage
    tout de suite je le reconnaîtrai. Continuer la lecture

    Cri du cœur

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  • Dominique

    Dans sa vie pré-natale une grand’mère de contes de fées l’appelait la petite Russe. Mais elle est née pour de vrai à Pékin en 1939, un an avant la naissance de Pierrot, son fils.
    Toute cette vie, Dominique a vu du pays qui lui en a fait voir lui aussi,
    du Proche-Occident au lointain-Orient, de la Détresse au Désarroi.
    Néfaste caresse, le malheur du monde la touchait sans cesse-Couverte de bleus et de cicatrices, elle tremblait pour ceux qui s’entre-tuaient et puis rêveuse, heureuse en rêve, elle reprenait sa danse sur le fil d’acier, rencontrait la paille et retombait en cage, meurtrie et réveillée.
    Elle s’évadait.
    Hélas, hors des barreaux, l’oiseau se heurte vainement à la vitre et tout comme lui, elle retombait bien vite en liberté séquestrée.
    Parfois l’amoral de l’Histoire la faisait sourire mais la tuerie mondiale lui était de plus en plus odieuse et bien plus encore, toutes ses bonnes excuses :
    – Si vous saviez ce qu’il nous faut souffrir pour ne pas torturer davantage!

    Nomade, elle errait à travers le monde accidenté
    et dans le charnier des idées
    partait à la recherche d’un espoir épargné.
    Elle le trouvait.
    C’était toujours un petit espoir exténué, haletant moribond.
    Elle le voyait radieux, éclatant de santé, lui trouvait une beauté, le prenait dans ses bras et l’emportait Ailleurs.
    Ailleurs était toujours interdit, barbelé.
    Alors elle retombait d’un pays dans un autre pays et c’était toujours le même pays d’où elle retombait de clinique en clinique et c’était la même clinique, en Chine à Saint-Tropez en Belgique.
    Avec toujours le même visiteur à l’heure de la visite.
    Et elle avait beau dire :
    – Je ne suis là pour personne et surtout quand c’est lui!
    Il insistait.
    – Je suis le Désespoir.
    – Je ne peux pas vous souffrir et je n’ai pas l’horreur de vous connaître, répondait-elle.
    – On dit ça! disait-il.
    – Qui c’est ça on, qu’est-ce que c’est que ça? disait-elle.
    Il insistait.
    – Pourquoi ce mal, ce chagrin et ces atroces cicatrices, pourquoi cette vie?
    – Est-ce que je sais!
    – Moi, je sais!
    – Menteur!
    Elle appelait l’infirmière ou la sœur.
    – Reconduisez le visiteur.
    Il s’en allait bredouille en hochant ses médailles, le jour se levait ou la nuit, ou les deux ensemble, et causaient avec elle.

    Et puis c’était l’appel des malades. – Debout là-d’dans!
    les uns se levaient péniblement et répondaient Présent, d’autres se taisaient ou mouraient. Déchirant sa feuille de température Dominique répondait Futur. Continuer la lecture

    Dominique

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  • Ballade du concours de Blois

    Je meurs de seuf auprès de la fontaine,
    Chaud comme feu, et tremble dent à dent ;
    En mon pays suis en terre lointaine ;
    Lez un brasier frissonne tout ardent ;
    Nu comme un ver, vêtu en président,
    Je ris en pleurs et attends sans espoir ;
    Confort reprends en triste désespoir ;
    Je m’éjouis et n’ai plaisir aucun ;
    Puissant je suis sans force et sans pouvoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    Rien ne m’est sûr que la chose incertaine ;
    Obscur, fors ce qui est tout évident ;
    Doute ne fais, fors en chose certaine ;
    Science tiens à soudain accident ;
    Je gagne tout et demeure perdant ;
    Au point du jour dis : ‘ Dieu vous doint bon soir ! ‘
    Gisant envers, j’ai grand paour de choir ;
    J’ai bien de quoi et si n’en ai pas un ;
    Echoite attends et d’homme ne suis hoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    De rien n’ai soin, si mets toute ma peine
    D’acquérir biens et n’y suis prétendant ;
    Qui mieux me dit, c’est cil qui plus m’ataine,
    Et qui plus vrai, lors plus me va bourdant ;
    Mon ami est, qui me fait entendant
    D’un cygne blanc que c’est un corbeau noir ;
    Et qui me nuit, crois qu’il m’aide à pourvoir ;
    Bourde, verté, aujourd’hui m’est tout un ;
    Je retiens tout, rien ne sait concevoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    Prince clément, or vous plaise savoir
    Que j’entends mout et n’ai sens ne savoir :
    Partial suis, à toutes lois commun.
    Que saisje plus ? Quoi ? Les gages ravoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    Poésies diverses Continuer la lecture

    Ballade du concours de Blois

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