Dernières histoires

  • Les Ruines

    Mais, parmi tant d’objets si grands, si renommés, Qu’en ce climat chéri l’un et l’autre ont semés, Il en est dont l’aspect me frappe davanrage. Ce mélange surtout, cet informe assemblage De palais ruinés, de temples dépéris. Fixe, étonne sans cesse, et confond mes esprits : Fragiles monuments, magnifiques fantômes, Nobles […]

  • Une chanson désespérée

    Ton souvenir surgit de la nuit où je suis. La rivière à la mer noue sa plainte obstinée. Abandonné comme les quais dans le matin. C’est l’heure de partir, ô toi l’abandonné! Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur. Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé! En toi se […]

  • Je vous écoutais et je vous suivais Antonin Artaud

    Je vous écoutais et je vous suivais Antonin Artaud Dans le retentissement et le sarcasme de Tout J’apercevais des ombres, je situais ton délire et j’incarnais réellement ta vie Sans me douter de ta mort Sans me douter que j’étais destiné A vivre seul et maudit Sans me douter que tes paroles […]

  • Aux conquérants ambitieux

    Vous que l’ambition dispose à des efforts Que n’oserait tenter un courage vulgaire Et qui vous conduiriez jusqu’au séjour des morts Afin d’y rencontrer de quoi vous satisfaire. Voulez-vous butiner de plus riches trésors Que n’en ont tous les lieux que le soleil éclaire ? Sans courir l’océan ni ravager ses […]

  • Une rose

    Cette rose vivait au-dessus du jardin, N’ayant, sur son front pur, qu’une âme pour aigrette, Et ne comprenant rien à la foule secrète Qui se cachait le soir et courait le matin. Aspirant à l’étoile et fuyant le ravin Il lui fallait le ciel pour appuyer sa tête… Cette rose vivait […]

  • Érato

    Nature, où sont tes Dieux ? Ô prophétique aïeule, Ô chair mystérieuse où tout est contenu, Qui pendant si longtemps as vécu de toi seule Et qui sembles mourir, parle, qu’est devenu Cet âge de vertu que chaque jour efface, Où le sourire humain rayonnait sur ta face ? Où s’est […]

  • A la Jeunesse

    Prologue pour « La Vie de Bohème » au Théâtre de l’Odéon Mesdames et messieurs, nous vous donnons La Vie De Bohème, une pièce où le rire et les pleurs Se mêlent, comme aux champs, où notre âme est ravie, Les larmes du matin brillent parmi les fleurs. Pour dire ce […]

  • Le Fard des Argonautes

    Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd de la mer. Navigateurs chantant des refrains nostalgiques, Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un […]

  • La Maîtresse rousse

    Je pris pour maître, un jour, une rude maîtresse, Plus fauve qu’un jaguar, plus rousse qu’un lion ! Je l’aimais ardemment, âprement, sans tendresse, Avec possession plus qu’adoration ! C’était ma rage, à moi ! la dernière folie Qui saisit, ? quand, touché par l’âge et le malheur, On sent au […]

  • Élan mystique

    Alors j’avais quinze ans. Au sein des nuits sans voiles, Je m’arrêtais pour voir voyager les étoiles Et contemplais trembler, à l’horizon lointain, Des flots où leur clarté jouait jusqu’au matin. Un immense besoin de divine harmonie M’entraînait malgré moi vers la sphère infinie, Tant il est vrai qu’ici cet autre […]

  • Quand Philis chaque jour inventait quelque outrage

    Quand Philis chaque jour inventait quelque outrage Pour troubler mes désirs et mon contentement, Il semblait qu’à l’envi d’un si rude tourment Mon amour augmentait sa fureur et sa rage. Maintenant que le ciel a calmé cet orage, Qu’elle brûle pour moi d’un vif embrasement, Les visibles ardeurs de son feu […]

  • Dans l’air fraîchi, venant d’où…

    Dans l’air fraîchi, venant d’où, déclose comment ? Vers moi, par la fenêtre ouverte, une musique Déferle à petites vagues si tristement. Elle me fait à l’âme un mal presque physique. Confuse comme un songe… estce d’un piano, Estce d’un violon méconnu qui s’afflige Ou d’une voix humaine en élans comme […]