Le temps

Bête comme un moteur, bête comme un alexandrin, le temps piétine et bouge et marche tout le temps. Il ne peut pas rester en place, et son chemin déroule son tricot de vers à soie bavant.

Le temps n’a pas le temps de perdre ses minutes, ni de trouver jolies les choses ni les gens. Il a toujours à faire, et s’il trébuche et bute il repart tout de suite et rattrape le temps.

Mon échelle à monter aux grand’places d’aurore, ma douce, ma songeuse, et mon seul passe-temps, dans le chaud mélangé de notre double corps nous n’entendons plus les gros sabots du temps.

Il n’est pourtant pas loin, bête comme un ruisseau, il fait bouger le sang et le tic-tac du cœur, les onze ou douze pieds de mes vers pas très beaux, bête comme une rime qu’on saurait par cœur.

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