C’est a Dire

Au tournant du verbe
accablé de masques
dont l’être intermittent
parfois surgit
lampe éphémère
pour que renaissent
les ténèbres
en vain refoulées
parfois plonge à l’oubli définitif
recours
depuis l’origine inconnue
jusqu’au-delà du futur
où tant de douleurs
enfin pétrifiées sçront
c’est-à-dire
ne seront plus
voici pour le veilleur
ensommeillé
l’écho qui s’interroge
au-dehors sans répondre
le sifflement de l’ennemi
sous la porte
peut-être la clé
perdue
ou du moins ce mince fil
conducteur de vocables
mais pour qui mais pourquoi
s’il n’est rien
s’il s’enroule inutile
à l’index
ou s’il
retentit solitaire
ou s’il est incapable
de révéler autre chose
que sur le sol
à l’ombre de l’été
ce peu de traces
d’un passage
ou le bruit qui n’est pas entendu
ou les couleurs légères
de 1 averse que le soleil
dispense à l’ennui
du littoral
lorsque tout espoir
et tout mal
évanouis
le sable
entonne le tumulte
les cris les rires
la blessure
et le silence même
dans une tête
aux dents serrées
inutile témoin
sur l’astre feu
lentement refroidi
d’être là
et ainsi et ainsi
et toujours
et si vous voulez
que je m’arrête
donnez-moi le mot
sinon — sans fin
je continue.

Jean Tardieu

Voter pour ce poème!

Jean Tardieu Apprenti Poète

Par Jean Tardieu

Jean Tardieu, né le 1ᵉʳ novembre 1903 à Saint-Germain-de-Joux, dans l'Ain et mort le 27 janvier 1995 à Créteil, dans le Val-de-Marne, est un écrivain et poète français.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

La poésie est le reflet de l'âme. Laissez votre reflet briller ici.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Stérilités

Aujourd’hui, hier, demain